Les experts et les acteurs du secteur le disent à l’unisson : en France, l’hiver à venir sera sous tension et l’heure est aux économies d’énergie. Pour autant, peut-on craindre un black-out ? La réponse en vidéo.

La France pourrait-elle être confrontée à une situation de black-out ?

On appelle black-out une situation exceptionnelle durant laquelle le réseau électrique s’effondre. Julien Teddé, Directeur général d’Opéra Energie, nous explique dans le détail les risques possibles pour l’hiver à venir.

Un plan d’urgence gaz de dimension européenne

 La crise énergétique dépasse les seules frontières nationales. Les ministres de l’Énergie de l’Union européenne, réunis à Bruxelles ce mardi, se sont ainsi accordés sur un plan coordonné de réduction de 15 % de la consommation de gaz de l’ensemble des pays membres.

« L’engagement collectif en faveur d’une réduction de 15 % est très important et contribuera à remplir nos capacités de stockage en prévision de l’hiver. » s’est félicitée Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne. En cas de « risque de grave pénurie », cet objectif de 15 % deviendra obligatoire.

Ce plan entérine le principe de solidarité entre les Etats « face au chantage énergétique de Poutine. » Autrement dit, les 27 s’engagent à partager du gaz avec les autres pays voisins en cas de besoin, a fortiori avec l’Allemagne, fortement dépendante du gaz russe.

« Nos chaines de production industrielles sont complètement interdépendantes. Si la chimie tousse en Allemagne alors c’est toute l’industrie européenne qui peut s’arrêter », avait averti la ministre française Agnès Pannier-Runacher, à l’orée de la réunion.

L’électricité, préoccupation majeure de la France

Bien que la France soit bien moins dépendante au gaz russe que nombre de ses voisins, la situation interroge pourtant la sécurité de son approvisionnement en électricité pour l’hiver prochain, notamment en cas de météo rigoureuse.

Les aléas météorologiques pèsent sur la consommation d’électricité : en cas de vague de froid, chaque degré perdu entraîne une hausse de 2,4 GW de la consommation d’électricité. Lors de ces situations tendues, il n’est pas rare que la France importe régulièrement de l’électricité à ses voisins. Durant l’hiver 2021-2022, « la France a importé de manière quasi-systématique » a même noté RTE, le gestionnaire du réseau électrique français. Le problème est que cette électricité importée est largement issue de centrales à gaz. Que se passerait-il si nos voisins étaient confrontés à une pénurie de gaz ? La question est d’autant plus importante que la prévision de production nucléaire n’a jamais été aussi faible depuis les années 1990.