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 La Commission européenne pose les bases de son économie bleue durable, partie intégrante du Pacte vert.

Poser les bases d’une reprise verte et inclusive

L’après-Covid doit être l’occasion de défendre et appliquer une véritable économie bleue. Le commissaire chargé de l’environnement, des affaires maritimes et de la pêche, Virginijus Sinkevičius, l’assure : « Nous avons l’occasion de tout remettre à plat et voulons faire en sorte que la reprise change de perspective, en passant de la simple exploitation à la durabilité et à la résilience. » 

Frans Timmermans, vice-président exécutif chargé du Pacte vert, abonde dans son sens, faisant de la santé des océans : « une condition préalable à une économie bleue florissante » et pointant les effets dévastateurs de « La pollution, la surpêche et la destruction des habitats, conjuguées aux effets de la crise climatique » sur la biodiversité marine.

Tous les secteurs de l’économie bleue, y compris la pêche, l’aquaculture, le tourisme côtier, le transport maritime, les activités portuaires et la construction navale, devront réduire leurs incidences sur l’environnement et le climat. Il s’agit désormais de se tourner vers une utilisation durable des ressources bleues afin de de créer des solutions de remplacement substituables aux combustibles fossiles et à la production alimentaire traditionnelle.

Des investissements nécessaires pour changer de cap

« Pour que l’avenir soit réellement vert, nous devons donc aussi le voir en bleu.» prône Virginijus Sinkevičius.

Mais la transition vers une économie bleue durable ne pourra se faire indépendamment d’investissements dans des technologies novatrices. Les énergies houlomotrice et marémotrice, la production d’algues, le développement d’engins de pêche novateurs ou la restauration des écosystèmes marins seront les moteurs de cette dynamique. Ils permettront également la création de nouveaux emplois verts et de nouvelles entreprises vertes.

Selon le dernier rapport sur l’économie bleue, les secteurs traditionnels de l’économie bleue fournissent 4,5 millions d’emplois directs et génèrent plus de 650 milliards d’euros de chiffre d’affaires.

Quelles sont les pistes explorées par Bruxelles ?

La commission européenne a présenté un programme aux objectifs précis.

  • Booster le développement des EnR : « Un bouquet énergétique océanique durable comprenant l’énergie éolienne flottante, l’énergie thermique, l’énergie houlomotrice et l’énergie marémotrice pourrait produire un quart de l’électricité de l’Union à l’horizon 2050. » D’ici 2050, ces infrastructures de production d’énergie pourraient ainsi représenter 300 gigawatts contre 12 actuellement.
  • Légiférer et inciter : Bruxelles entend adopter plusieurs mesures permettant de réviser les normes liées à la conception des engins de pêche, au recyclage des navires et au déclassement des plateformes offshore. La Commission européenne vise aussi la décarbonation du transport maritime et l’écologisation des ports. Elle souhaite également lutter contre la pollution par les plastiques et les microplastiques
  • Réduire les incidences environnementales de la pêche sur les habitats marins : « le fait de protéger 30 % de l’espace maritime de l’Union permettra d’inverser l’appauvrissement de la biodiversité, de repeupler les stocks de poissons et de contribuer à l’atténuation du changement climatique et à la résilience face à ce phénomène » explique le communiqué de presse ;
  • Soutenir la résilience côtière : des mesures adaptatives devront être prises afin de préserver la biodiversité et les paysages, tout en bénéficiant au tourisme et à l’économie des zones côtières. Ce sera le cas, par exemple, du développement des infrastructures vertes dans les zones côtières
  • assurer une production alimentaire durable: Bruxelles imposera de nouvelles normes de commercialisation aux produits de la mer et soutiendra l’exploitation des algues et des herbiers. Parallèlement, elle renforcera le contrôle des pêches ainsi que la recherche et l’innovation dans les produits de la mer cellulaires.
  • Sensibiliser aux bonnes pratiques de la gestion de l’espace en mer : un forum bleu a été mis en place afin de stimuler « les échanges coopératifs au profit d’une exploitation durable du milieu marin. »

Quel financement pour l’économie bleue durable ?

La Commission européenne et le groupe de la Banque européenne d’investissement, composé de la Banque européenne d’investissement et du Fonds européen d’investissement (FEI), annoncent renforcer leur coopération. Les institutions coopéreront avec les États membres pour répondre aux besoins de financement existants et à venir.

L’Europe exhorte également ses membres à « inclure les investissements en faveur d’une économie bleue durable dans leurs plans nationaux de reprise et de résilience ainsi que dans leurs programmes opérationnels nationaux au titre de différents Fonds de l’Union » et ce pour la période qui s’étend d’ici à 2027.