crise mondial énergie

Loin d’être un phénomène français, la crise énergétique est une préoccupation majeure de la scène internationale.

Les prix du gaz et de l’électricité à des niveaux historiques

En Europe, le prix du gaz a été multiplié par 4 en 6 mois et le prix de l’électricité n’est pas en reste. En France, le prix long terme de l’électron a ainsi dépassé les 100 €/MWh, bien au-dessus de son record de juillet 2008, d’avant la crise financière (93,29 €/MWh).

Les raisons de cette inflation des prix de l’énergie sont multiples : le redémarrage des économies mondiales et ses conséquences énergivores ; des stocks de gaz qui ont du mal à se renouveler alors qu’ils étaient très bas au sortir de l’hiver 2020/21 ; une météo qui a été défavorable aux  énergies renouvelables ; l’explosion des quotas d’émission de CO₂ en Europe qui dépassent les 65 €/t…

Cette inflation se répercute sur l’économie européenne

Partout en Europe, les industriels ralentissent la cadence, pour pallier le niveau extraordinaire des prix de l’énergie.

Au Royaume-Uni, deux usines d’engrais ont annoncé fermer leurs portes alors qu’elles produisaient 60 % du dioxyde de carbone du pays, sous- produit indispensable à la production de médicaments, de sodas, mais aussi à la conservation de viande. Devant l’urgence, le gouvernement britannique a accordé une aide publique exceptionnelle.

En Belgique, le groupe chimique BASF a déclaré ce lundi réduire sa production d’ammoniac, notamment sur son site d’Anvers, à cause de l’impact trop important du prix du gaz sur ses activités.

« Confronté à la réduction de ses marges, le groupe de fertilisants Yara a diminué sa production d’ammoniac en Europe de 40%, notamment dans son usine près du Havre (Seine-Maritime). »  rapporte le média spécialisé Montel.

L’Uniden (Union des industries françaises utilisatrices d’énergie) estime que ses membres vont être confrontés à « un surcoût autour d’un 1 milliard d’euros pour 2022 et une augmentation d’un tiers de leur facture d’électricité ».

Et met au défi les économies internationales

Touchée elle aussi de plein fouet, la Chine s’efforce de réduire sa consommation d’énergie, alors que la demande grimpe et que les centrales thermiques baissent leur production face à l’emballement des prix du gaz et du charbon. Sans compter que « l’usine du monde » a donné un tour de vis à ses objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

« Des fonderies d’aluminium aux producteurs de textiles et aux installations de transformation du soja, les usines reçoivent l’ordre de freiner l’activité ou, dans certains cas, de fermer complètement » rapporte ainsi Bloomberg.

Au Brésil, les pouvoirs publics demandent à tous de limiter leur consommation d’électricité, sous peine de provoquer des blacks outs en rafale.

Même les Etats-Unis, pourtant protégés par leur production de gaz de schiste, commencent à subir l’impact de cette dynamique haussière.