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La Commission européenne est rentrée dans le détail de son plan REPowerEU. Ce plan est la réponse de Bruxelles aux difficultés et aux perturbations du marché mondial de l’énergie causées par l’invasion de l’Ukraine par la Russie. REPowerEU mobilisera près de 300 milliards d’euros : environ 72 milliards d’euros sous forme de subventions et 225 milliards sous forme de prêts.

Une urgence politique et climatique

Le système énergétique européenne doit être repensé en profondeur afin de répondre aux enjeux de la crise climatique.
Il faut aussi agir afin de stopper la dépendance de l’UE aux combustibles fossiles russes, « utilisés comme une arme économique et politique et qui coûtent près de 100 milliards d’euros par an aux contribuables européens ».
Enfin, l’Europe doit agir en tant qu’Union souligne Bruxelles : l’ensemble des actions menées doivent l’être collectivement.

3 axes de travail identifiés

Le plan REPowerEU met l’accent sur les économies d’énergie, la diversification des approvisionnements énergétiques et au déploiement accéléré des énergies renouvelables pour remplacer les combustibles fossiles dans les foyers, l’industrie et la production d’électricité. Des recommandations seront faites d’ici le second semestre, pays par pays.

Booster les économies d’énergie pour une Europe énergétique indépendante

« Les économies d’énergie sont le moyen le plus rapide et le plus économique de faire face à la crise énergétique actuelle et de réduire les factures » martèle la Commission européenne.

Elle propose donc de renforcer les mesures d’efficacité énergétique à long terme, notamment en portant de 9 à 13 % l’objectif contraignant d’efficacité énergétique dans le cadre du paquet « Fit for 55 » de la législation européenne sur les contrats verts.

« Économiser l’énergie maintenant nous aidera à nous préparer aux défis potentiels de l’hiver prochain ». Les États membres sont également encouragés à recourir à des mesures fiscales pour favoriser les économies d’énergie, telles que des taux de TVA réduits sur les systèmes de chauffage, l’isolation des bâtiments et les appareils et produits à haut rendement énergétique.

La Commission travaille aussi à des mesures d’urgence en cas de grave perturbation de l’approvisionnement : « elle publiera des orientations sur les critères de hiérarchisation des clients et facilitera l’élaboration d’un plan européen coordonné de réduction de la demande. »

Diversifier les approvisionnements d’énergie

L’UE travaille depuis plusieurs mois avec des partenaires internationaux pour diversifier les approvisionnements et a obtenu des niveaux records d’importations de GNL et une augmentation des livraisons de gaz par gazoduc.

L’UE met notamment en place une plateforme énergétique qui permettra des achats communs volontaires de gaz, de GNL et d’hydrogène « en regroupant la demande, en optimisant l’utilisation des infrastructures et en coordonnant les contacts avec les fournisseurs ».

La Commission envisage également le développement d’un « mécanisme d’achat commun » qui négociera et conclura des contrats d’achat de gaz au nom des États membres participants.

Accélérer le déploiement des énergies renouvelables

« Une intensification et une accélération massives des énergies renouvelables dans la production d’électricité, l’industrie, les bâtiments et les transports permettront d’accélérer notre indépendance, de donner un coup de fouet à la transition verte et de réduire les prix au fil du temps. »

Pour ce faire, la Commission propose de faire passer l’objectif global pour 2030 en matière d’électricité verte et de gaz vert de 40 à 45 % dans le cadre du paquet « Fit for 55 ».

Plusieurs réflexions sont à l’étude, entre autres :

– Une stratégie solaire européenne visant à doubler la capacité solaire photovoltaïque d’ici 2025 et à installer 600 GW d’ici 2030.
– Une initiative en faveur des toits solaires avec une obligation légale progressive d’installer des panneaux solaires sur les nouveaux bâtiments publics et commerciaux et les nouveaux bâtiments résidentiels.
– Le doublement du taux de déploiement des pompes à chaleur et des mesures visant à intégrer l’énergie géothermique et solaire thermique dans les systèmes de chauffage urbain et collectif modernisés.

La Commission travaille également à simplifier la réglementation européenne afin de soutenir les grands projets EnR et souhaite faire inscrire dans la loi les ENR comme ayant un « intérêt public prépondérant ».

Décarboner le transport et l’industrie grâce à l’hydrogène

La Commission ambitionne un objectif de 10 millions de tonnes de production nationale d’hydrogène renouvelable et de 10 millions de tonnes d’importations d’ici à 2030, afin de remplacer le gaz naturel, le charbon et le pétrole dans les industries et les secteurs des transports difficiles à décarboner.

En autres mesures favorables, « un financement supplémentaire de 200 millions d’euros est réservé à la recherche, et la Commission s’engage à achever l’évaluation des premiers projets importants d’intérêt européen commun d’ici l’été. » Le biométhane doit aussi se développer, avec une production visée de 35 milliards de mètres cubes d’ici à 2030.

« Les économies d’énergie, l’efficacité, le remplacement des combustibles, l’électrification et l’utilisation accrue d’hydrogène renouvelable, de biogaz et de biométhane par l’industrie pourraient permettre d’économiser jusqu’à 35 milliards de m3 de gaz naturel d’ici à 2030, en plus de ce qui est prévu dans les propositions « Fit for 55 ». »