trois ampoules sur le sol dont deux couches eteintes et une debout qui est allumee

Le 4 février, le gouvernement a décidé de prolonger la trêve hivernale de deux mois. L’ANODE, association qui rassemble les fournisseurs de 96% des clients ayant choisi de quitter le fournisseur historique en électricité et 91% en gaz, dénonce cette décision, qu’elle juge défavorable pour les professionnels du secteur de l’énergie comme pour l’ensemble des consommateurs.

Des décisions iniques …

Déjà en mai dernier, les membres de l’ANODE alertaient l’Etat « face à une décision politique dont ils ne peuvent plus assumer seuls les conséquences en termes d’impayés ». « L’Etat doit prendre sa part du fardeau en compensant les impayés générés par les décisions d’urgence qu’il a prises, a minima à hauteur de la part fiscalité (toutes taxes et contributions comprises) des factures restées impayées en 2020 » demandait l’association. Elle mettait aussi en exergue les efforts financiers réalisés par les fournisseurs alternatifs vis-à-vis de leurs clients, dans « un contexte de pertes importantes » et de hausse des impayés « qui se chiffrent déjà en dizaines de millions d’euros« .

En décembre, la présidente de l’association, Naima IDIR, a repris la parole, déclarant ainsi aux Echos. « Dans l’électricité, en moyenne, le taux d’impayé est passé de 5 % à 18% pour les clients professionnels au premier semestre 2020 par rapport au deuxième semestre 2019. Dans le gaz, sur la même période, le taux d’impayé est passé en moyenne de 7% à 27% pour les professionnels. Chez les particuliers, la hausse est également significative ».

Et inopérantes

L’ANODE remonte à nouveau au créneau suite à l’annonce de la prolongation de la trêve hivernale de 2 mois (jusqu’au 1er juin 2021) : une décision que l’association estime être à l’encontre de ce que souhaite le gouvernement, à savoir soutenir les ménages les plus précaires. « Cette mesure ne fera qu’augmenter la dette des Français les plus précaires, qui ne disposeront pas de moyens financiers supplémentaires pour régler leurs factures d’électricité et de gaz, les précipitant encore davantage dans la précarité. »

Par ailleurs, l’ANODE s’interroge sur le refus de l’Etat de revaloriser le montant du chèque énergie, une revalorisation « souhaitée par les fournisseurs et les consommateurs depuis des mois. » « Cette solution permettrait pourtant de flécher directement les aides vers les ménages en situation de précarité énergétique. »

Faire peser la précarité énergétique sur tous… sauf sur l’Etat ?

C’est en effet ce que dénonce l’ANODE, reprochant aux pouvoirs publics de faire des choix inefficaces mais « pratiques, car cela ne coûte rien à l’Etat ».

« Mais alors qui paye ? Les fournisseurs et tous leurs clients bons payeurs, à commencer par les ménages en situation de précarité, qui payent généralement mieux que la moyenne ! Et aucune mesure compensatoire n’est prévue »

L’ANODE rappelle également que « les fournisseurs restent redevables de la fiscalité spécifique (TICGN, TICFE, taxes locales) qui est due à l’Etat même dans le cas où leurs clients ne s’acquittent pas de leurs factures. » et ses membres refusent que le gouvernement « fasse peser les coûts de sa politique du « quoi qu’il en coûte » » sur la profession.

« Si l’Etat considère que la reconduction de la trêve hivernale est la meilleure solution, alors il doit en assumer les coûts. C’est pourquoi l’association A.N.O.D.E appelle à la création d’un fonds d’indemnisation destiné à permettre aux fournisseurs d’électricité et de gaz de faire face aux impayés de leurs clients. » conclut le communiqué paru le 7 février.