Comme prévu fin 2020, le Conseil européen tient une réunion extraordinaire ce mardi 25 mai pour donner suite à ses conclusions de décembre 2020. Dans ces dernières, les dirigeants se sont mis d’accord sur un objectif contraignant consistant en une réduction nette des émissions de gaz à effet de serre dans l’UE d’au moins 55 % d’ici 2030 par rapport aux niveaux de 1990.

Mais quel terrain d’entente trouver pour y parvenir ?

Des objectifs de réduction de GES accrus pour l’Europe

En 2017, l’UE avait réduit ses émissions de près de 22 % par rapport à 1990, atteignant son objectif de réduction des émissions pour 2020 avec trois ans d’avance sur le calendrier prévu. En décembre 2020, compte tenu de l’engagement pris par l’UE de relever son ambition en matière de climat conformément à l’accord de Paris, les dirigeants de l’UE ont approuvé un objectif  consistant en une réduction nette des émissions de gaz à effet de serre d’au moins 55 % d’ici 2030 par rapport aux niveaux de 1990. Soit un renforcement important du précédent objectif de réduction des émissions de l’UE, qui était de 40 % d’ici 2030 !

La méthode d’actions en discussion

Cette ambition nouvelle implique une révision des objectifs contraignants que les Etats membres devront réaliser dans les secteurs non couverts par le marché carbone européen. C’est notamment ce sujet qui est sur la table des 27 lors de cette réunion extraordinaire, ainsi que sur les principes répartissant entre les pays les efforts de réduction des émissions.

Il existe certes déjà un règlement : « Le règlement part toujours du constat que les États membres n’ont pas tous la même capacité à prendre des mesures : il différencie donc les objectifs selon le produit intérieur brut (PIB) par habitant de chaque État membre.

L’équité est ainsi garantie dans la mesure où les États membres à revenu élevé doivent atteindre des objectifs plus ambitieux que les États membres à faible revenu.

Toutefois, une approche pour les États membres à revenu élevé fondée uniquement sur le PIB relatif par habitant reviendrait à imposer à certains d’entre eux des coûts relativement élevés pour atteindre leurs objectifs.

Afin de remédier à cette situation, les objectifs sont ajustés pour tenir compte du rapport coût-efficacité pour les États membres dont le PIB par habitant est supérieur à la moyenne. »

Des divergences difficilement conciliables

Mais certains des 27 demandent une meilleure valorisation du critère coût/efficacité, à l’instar de la Pologne, la Roumanie ou la Bulgarie. « Notre approche est basée sur le simple fait que lorsque vous êtes déjà à un niveau relativement élevé de mesures respectueuses du climat, chaque pourcentage supplémentaire pour réduire la production de CO2 coûte très cher » déclare ainsi une source européenne au média belge RTBF.

« Chaque Etat membre doit faire sa part », a martelé de son côté chancelier autrichien Sebastian Kurz.  Une autre revendication se fait entendre, celle d’une répartition plus uniforme entre les membres et d’une plus grande convergence dans les objectifs nationaux.

La Commission européenne doit présenter mi-juillet ses orientations pour ajuster les objectifs climatiques de l’UE à l’horizon 2030.