levy auditionné sur les changements d'EDF

Ce mercredi 13 novembre, Jean‑Bernard Lévy était auditionné par la commission des Affaires économiques du Sénat quant aux perspectives d’évolution d’EDF. En ligne de mire : le projet Hercule, les surcoûts liés au chantier de l’EPR de Flamanville et l’ouverture à la concurrence des concessions hydroélectriques. D’emblée, le PDG de l’électricien historique a tenu à répondre aux déclarations faites dimanche à France Inter par la ministre de la Transition écologique qui a demandé à EDF de réfléchir à un scénario 100% énergies renouvelables.

Elisabeth Borne n’avait pas non plus manqué de rappeler : « Il se trouve que la politique énergétique, c’est plutôt le gouvernement et en particulier la ministre en charge de l’énergie que je suis qui doit la définir ».

Lévy a ainsi déclaré : « Nous continuons de penser que le nucléaire, qui n’émet pratiquement pas de CO2, qui est pilotable, a toute sa place dans le mix français à l’horizon 2050. C’est la position d’EDF. Il a toute sa place aux côtés des énergies renouvelables qui sont amenées à se développer et pour lesquelles, EDF veut jouer un rôle majeur et encore plus important ».

En ce qui concerne l’EPR de Flamanville, il reconnait qu’« EDF se doit de partager » le constat fait dans le rapport par M. Jean-Martin FOLZ et « entend tirer les leçons de l’expérience de Flamanville ». EDF présentera donc un plan d’actions d’ici le mois de décembre  « pour retrouver le niveau de qualité industrielle » attendu et « le niveau de compétences de la filière nucléaire française en matière de construction neuve ».

Selon un document interne, publié samedi par Le Monde, EDF évaluerait à 7,5 milliards d’euros a minima le coût unitaire d’éventuels nouveaux EPR, soit plus du double du prix initial de l’EPR de troisième génération de Flamanville (dont la facture actuelle atteint 12,4 milliards).

Lévy a néanmoins fait remarquer que pour exceller dans un domaine, il faut pouvoir s’exercer régulièrement, contrairement à « ce qui s’est passé depuis 25 ans », et abandonner la politique du « stop and go ».

Abordant l’ouverture à la concurrence des concessions hydroélectriques, il explique qu’EDF souhaite surtout « défendre l’énergie hydraulique française avec ses spécificités » et la voir gagner en puissance, via des optimisations de l’existant et le développement de nouveaux projets.  Pour l’Electricien « une mise en concurrence brutale serait une perte pour la collectivité ».

S’agissant du projet Hercule, Jean-Bernard LÉVY a indiqué que « si cette réorganisation voit le jour, en aucun cas il ne s’agit de scinder le groupe ». Au contraire, « la réorganisation devra respecter deux fondamentaux : le statut des salariés et le caractère intégré du groupe EDF ». 

« Ce que nous visons est de dégager, après la réorganisation et tout en restant un groupe intégré, de l’ordre de 2 Mds d’euros d’investissements supplémentaires chaque année, ce qui ferait 10 Mds d’euros en cinq ans ».

Une condition est pointée à la réussite de ce projet : une révision structurelle du dispositif ARENH, dans lequel « EDF n’est jamais gagnant et porte tous les risques ».  « Sans réforme préalable de l’ARENH, nous ne pouvons justifier d’aucune évolution de l’organisation d’EDF, car nous ne pourrions pas atteindre le niveau d’investissements indispensable à la transition énergétique ».