toujours aucun accord sur arenh

Alors que les spéculations vont bon train sur l’avenir de l’ARENH, le gouvernement a pris la parole hier afin de tordre le cou aux rumeurs. Il a ainsi tenu à préciser que les négociations entre la France et la Commission européenne sont toujours en cours.

ARENH et Hercule dans la balance européenne

« Nous sommes actuellement en négociations avec la Commission européenne sur la régulation du nucléaire existant » et « ces négociations avec la commission, si elles n’ont pas encore abouti, se poursuivent », a indiqué la secrétaire d’État à la Biodiversité Bérangère Abba à l’Assemblée.

Pour rappel, la France travaille avec Bruxelles à un projet de nouveau mécanisme : EDF souhaiterait que ce dernier vienne revaloriser le prix de l’électricité nucléaire vendue à ses concurrents. Les accords sur le devenir du dispositif ARENH sont aussi étroitement liés au projet de réorganisation du groupe, qui lui aussi doit être soumis à l’approbation de la Commission européenne.

Or, la réorganisation annoncée, ou projet HERCULE, est loin de faire consensus. Les syndicats et une partie de l’opposition s’en prennent régulièrement à ce qu’ils estiment être le préambule d’un démantèlement et d’une privatisation.

Pourtant, l’Etat multiplie les déclarations rassurantes, à l’instar de Mme Abba qui a affirmé « Nous conserverons un groupe intégré avec des capacités d’investissement, en protégeant les salariés (…), en assurant le financement du parc nucléaire existant en cohérence avec les objectifs de la programmation pluriannuelle de l’énergie, en protégeant les consommateurs d’une hausse des prix » Mme Abba. Elle a souligné un « engagement à ne pas déstructurer EDF ».

Remporter l’adhésion générale… le 13 ème chantier d’Hercule

Mais les opposants ne relâchent pas la pression : HERCULE ferait peser des risques sur l’emploi, sur le prix de l’électricité, sur la souveraineté énergétique de la France…

Le 30 novembre, les syndicats ont d’ailleurs sollicité un rendez-vous d’urgence auprès du 1er Ministre.

« Afin de porter toute la puissance de la mobilisation des salariés à exiger le retrait d’Hercule, l’intersyndicale demande une nouvelle fois au Premier ministre de la recevoir en urgence. Une proposition de rencontre de sa part est attendue avant le 7 décembre à 17h, sans quoi une nouvelle journée de mobilisation s’organisera le 10 décembre 2020 ». ont-ils écrit dans un communiqué commun.

« Au moment où le passage de l’hiver exige la mobilisation de tous et après un confinement printanier qui a vu la mobilisation des électriciens à assurer les missions de service public unanimement reconnue (..), l’intersyndicale n’imagine pas un seul instant que le gouvernement prenne le risque d’un passage en force ».

EDF en manque de moyens pour financer la transition énergétique

Jean-Bernard Lévy a lui aussi rappelé son point de vue, à l’occasion des Electric Days le 1er décembre : « Nous n’avons pas assez de moyens, même en multipliant les investissements dans la transition énergétique, nous aimerions bien faire beaucoup mieux, faire beaucoup plus, aller beaucoup plus vite ».

Or, c’est bien HERCULE qui doit permettre à l’Electricien historique de booster ses capacités d’investissement et de financement.

« Nous sommes assez bloqués dans cette démarche par le système dans lequel nous sommes aujourd’hui, un système de régulation qui a été mis en place il y a une bonne dizaine d’années (…) sans tenir compte, en aucune façon, du fait que nous produisons de l’électricité décarbonée » a-t-il ajouté, remettant à nouveau en cause l’ARENH.

Plus largement, le PDG d’EDF a estimé que les objectifs d’efficacité énergétique devaient s’accompagner d’une prise en compte des objectifs de décarbonation et a répété espérer que des taxes carbone « efficaces » soient enfin décidées au niveau de l’Union européenne ou de ses Etats-membres, « cinq ans après l’accord de Paris sur le climat et le réchauffement climatique ».