ministere transition ecologique fait point avec acteurs energie reconfinement

Lundi 2 novembre, la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, a réuni les représentants de l’énergie, des transports, du logement, du BTP, de l’eau et des déchets, pour faire un point de situation suite au reconfinement.

S’adressant ensuite à la presse, la ministre a choisi de rassurer, rappelant ainsi que les filières étaient « normalement approvisionnées. Tout est donc en place pour assurer la continuité des services publics essentiels au fonctionnement du pays ».

La sécurité d’approvisionnement en électricité, une priorité et l’affaire de tous

Revenant sur la question de l’énergie, la ministre a néanmoins admis que le décalage d’un certain nombre de travaux de maintenance des réacteurs nucléaires conduit « à réduire la disponibilité du parc cet hiver. Chaque semaine, entre 5 et 10 réacteurs de plus que l’année dernière ont été arrêtés pour maintenance ».

Cependant, elle rappelle que plusieurs mesures ont été prises afin de « maximiser la disponibilité du parc et accroître la flexibilité sur la demande », comme « l’optimisation des travaux de maintenance, la mise en place d’un coup de pouce pour inciter à l’installation de thermostats à hauteur de 150 € ou le doublement de la capacité d’effacement par rapport à l’année dernière ». Une campagne de sensibilisation aux économies d’énergie a par ailleurs été lancée sur France Télévisions. « Chacun peut jouer un rôle pour réussir ce passage de l’hiver » a martelé la ministre.

Interrogée sur l’utilisation des capacités de production électrique au charbon, Mme Pompili a reconnu le recours à l’énergie fossile dans une proportion « un peu plus forte que l’an dernier, qui avait été un hiver doux » « mais on est en dessous des années précédentes, 2018, 2017… ». La ministre réaffirme d’ailleurs la volonté du gouvernement de fermer les centrales à charbon en 2022.

Enfin, le ministère de la transition écologique a également abordé le sujet de la trêve hivernale qui, cette année, revêt une importance particulière : « Pour les entreprises impactées par une fermeture administrative, la loi sur la prolongation de l’état d’urgence sanitaire prévoit une protection interdisant les coupures d’eau, d’électricité et de gaz naturel, et permet de différer le paiement des loyers » du 1er novembre au 31 mars.

Les fournisseurs d’énergie inquiets face aux reports des factures

Une mesure qui ne sécurise pas pour autant les fournisseurs d’énergie « dont le montant des créances reportées se chiffrent en centaines de millions d’euros » selon Patrick Corbin, président de l’Association française du gaz (AFG). L’AFG a d’ailleurs demandé au gouvernement  « que le report des créances ne concernent que les consommations de ce nouveau confinement et que les facturations liées au report du printemps restent exigibles », en expliquant que « les fournisseurs ne peuvent supporter seuls cette nouvelle charge », surtout lorsqu’il s’agit de « petits fournisseurs ».  Il a également exprimé le souhait que soit «  mis en place un process de remboursement des taxes assises sur les consommations de gaz pour les impayés »  et que l’État se porte « garant des impayés en dernier ressort pour les entreprises éligibles au fonds de solidarité ». La ministre a indiqué que le gouvernement travaillait sur cette question et que des décisions seront prises très prochainement.