banques financent expansion petrole gaz

Le rapport de l’association d’investissement responsable ShareAction est sans appel : au cours de l’année 2021, vingt-cinq des principales banques européennes ont accordé 55 milliards de dollars (48,7 milliards d’euros) aux entreprises du secteur de l’énergie pour financer une hausse de leur production de pétrole et de gaz.

Les banques continuent d’investir massivement dans l’énergie fossile

Ce chiffre est en baisse par rapport aux 106 milliards de dollars prêtés en 2020 et aux 83 milliards en 2019.  Il est néanmoins bien supérieur aux 49 milliards de dollars et aux 50 milliards prêtés respectivement en 2018 et 2017.

Des investissements qui sont en dissonance avec les actions à mener pour limiter le réchauffement climatique à 1,5°C. En mai 2021, l’AIE avait ainsi appelé à arrêter l’exploration de nouveaux sites gaziers ou pétroliers « au-delà de ceux déjà engagés en 2021 », et ce sans attendre.

Des investissements qui sont également en complète contradiction avec les engagements pris par les grandes banques occidentales, l’an dernier.

Quid des promesses du secteur bancaire pour la transition énergétique faites en 2021 ?

En avril 2021, 43 banques issues de 23 pays ont rejoint le Net Zero Banking Alliance. Via ce programme initié par l’ONU, les organismes bancaires se sont engagés à ce que les émissions de CO2 de leur périmètre opérationnel, et de leurs portefeuilles de financement et d’investissement atteignent un objectif zéro émission nette d’ici 2050 au plus tard. Des objectifs de réduction intermédiaires ont été fixés, pour 2030 tout d’abord, puis tous les 5 ans.

Selon le rapport de ShareAction, les britanniques HSBC, Barclays et la française BNP Paribas sont les banques finançant le plus les investissements dans les nouveaux projets de gaz et de pétrole.

Seules Commerzbank, Crédit Mutuel et La Banque Postale « ont commencé à restreindre le financement aux entreprises développant la production de pétrole et de gaz » souligne ShareAction.

Un porte-parole de HSBC a déclaré que la banque travaillait avec ses clients sur la transition énergétique. Des objectifs scientifiques seront publiés le 22 février afin que ses financements de l’expansion pétrolière et gazière soient en ligne avec les objectifs et le calendrier de l’accord de Paris.

Un porte-parole de Barclays a pour sa part annoncé que l’entreprise visait à conformer ses financements avec les objectifs de l’accord de Paris : Barclays miserait sur une réduction absolue de 15% des émissions financées par ses clients du secteur de l’énergie d’ici 2025.

BNP Paribas ne s’est pas encore exprimé.