Jean Castex a promis, ce  mardi 5 octobre, « d’agir sur le levier fiscal en cas de nécessité », si « les cours internationaux du gaz ne rebaissent pas au printemps » 2022. Une mesure qui viendrait s’ajouter au bouclier tarifaire déjà prévu pour cet hiver et jusqu’en avril.

Abaisser les taxes pesant sur le prix du gaz

Répondant aux questions de la chef de fil des députés PS Valérie Rabault, le Premier Ministre a indiqué qu’un amendement serait déposé au projet de budget 2022 afin « d‘abaisser les taxes spécifiques qui pèsent sur le prix du gaz » dans l’hypothèse où « les prix du gaz ne baisseraient pas à la hauteur de ce qu’ils augmentent aujourd’hui. »

Jean Castex avait annoncé jeudi « un bouclier tarifaire » avec le blocage du tarif réglementé du gaz jusqu’en avril et la limitation de la hausse de l’électricité, répondant comme dans d’autres pays européens à la flambée des prix de l’énergie.

Un bouclier tarifaire qui ne fait pas l’unanimité

 Après l’annonce gouvernementale de la semaine dernière, les réactions se sont multipliées. La plupart des responsables politiques d’opposition voient dans le « bouclier tarifaire » une mesure électoraliste à l’approche de la présidentielle d’avril 2022. L’UFC Que Choisir dénonce une mesure qui s’apparente à « un gel du pouvoir d’achat », déplorant un lissage des prix qui « imposera en réalité aux consommateurs de payer par la suite, à une période sans risque électoral, ce qui ne l’aura pas été d’ici-là. »

L’A.N.O.D.E, l’association des fournisseurs d’énergie, s’inquiète d’un dispositif qui « viendrait fausser les conditions sur le marché concurrentiel et fragiliserait encore davantage la situation des fournisseurs. »

Plusieurs prises de parole ont également demandé la mise en place de mesures moins court-termistes et plus structurelles.

Avec l’amendement évoqué aujourd’hui, le gouvernement tente de répondre à ces critiques.  Au-delà de l’enjeu économique, l’exécutif cherche peut-être aussi à désamorcer les risques d’un mouvement de protestation, comme une résurgence des gilets jaunes.