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Soutenir les entreprises exposées à la hausse des prix de l’énergie

« Cette guerre ne va pas être indolore, mais nous allons faire en sorte de protéger les Français ». Barbara Pompili ce vendredi a choisi de reprendre les paroles d’Emmanuel Macron de son allocation du mercredi 2 mars.

« Nombre de secteurs économiques souffrent et vont souffrir, soit parce que ils dépendent des importations de matières premières venues de Russie et d’Ukraine, soit parce qu’ils exportent vers ces pays. » a reconnu le Président, conscient que « Demain le prix du plein d’essence, le montant de la facture de chauffage risquent de s’alourdir encore. ». La croissance française sera impactée : jusqu’à quel point ?

Pour « protéger » les Français, Macron a annoncé la mise en place d’un plan de résilience économique et social, dont les contours restent à être précisés (courant semaine prochaine). On sait cependant que ce dispositif ne s’inscrira pas dans la politique du « quoi qu’il en coûte » qui a prévalu lors de la crise sanitaire.

L’objectif du gouvernement est de notamment soutenir les entreprises les plus exposées, directement comme indirectement, à l’envolée des prix de l’énergie et des matières premières. Le président du CLEEE, association de grands consommateurs industriels et tertiaires français d’électricité et de gaz, a tiré la sonnette d’alarme cette semaine. « Les entreprises ne sont pas du tout couvertes pour leur approvisionnement en gaz pour 2023 » a ainsi déclaré Frank Roubanovitch au quotidien les Echos.

La hausse du prix du gaz et, dans son sillage, celle de l’électricité, ne concernent malheureusement pas que les industries énergivores. L’ensemble du tissu économique de l’Hexagone a déjà été mis à mal par la flambée des prix de l’énergie en 2021.

« Les indicateurs de la compétitivité de la France à l’exportation, déjà en recul en 2020, se dégradent encore en 2021. » notait le centre de recherches Rexecode mi-février.

Plus largement, c’est bien la compétitivité de l’Europe tout entière qui risque de souffrir de la hausse des prix de l’énergie.

Peut-on vraiment remplacer le gaz russe par le GNL ?

Dans l’urgence, les membres de l’Union européenne multiplient les réunions pour s’extraire de leur dépendance au gaz russe et misent sur le GNL. Avec raison ? En effet, au-delà du prix, en forte hausse, l’Europe va être confrontée à un problème structurel : l’Union est en effet limitée dans sa capacité de regazéification. Et les seuls terminaux gaziers disposant de capacités excédentaires, qui se situent Espagne, sont peu connectés avec le reste de l’Europe en termes de pipeline. Une autre interrogation demeure, liée au fonctionnement même du marché du GNL. Ce dernier se caractérise en majeure partie par des contrats longs termes de 20 à 25 ans. Ce qui implique qu’une large part des volumes de GNL sont d’ores et déjà réservés.