fleche rouge qui monte

Une réunion sous surveillance

Avec les cours du baril qui ont retrouvé des niveaux similaires à ceux d’avant la pandémie, les membres de l’Opep + pourraient être enclins à ouvrir les vannes. A deux jours du prochain sommet du cartel et de ses alliés, nombre d’analystes estiment ainsi possible que certains acteurs de l’Opep + plaident pour une hausse de production en anticipant une reprise de l’économie.

Alors que jusqu’ici les pays producteurs faisaient front uni, des dissensions pourraient apparaitre, notamment entre la Russie et l’Arabie Saoudite, respectivement deuxième et troisième producteurs mondiaux derrière les États-Unis. Moscou souhaiterait en effet libérer quelque 1 million de barils par jour supplémentaires sur le marché tandis que Ryad préférerait profiter de prix élevés.

Sous pression, le marché a réagi, le baril a perdu quelque 5% depuis vendredi dernier.

La résurgence de divergences latentes

Le deuxième sommet ministériel de l’Opep + pour 2021 pourrait donc voir se réveiller des tensions que la crise du Covid a su apaiser, du moins temporiser.

En janvier, le premier sommet de l’année et ses deux jours d’âpres négociations avaient d’ailleurs donné le ton.  Finalement, les 23 membres des groupements OPEP et OPEP + avaient convenu d’augmenter lentement l’approvisionnement en pétrole et d’attendre mars pour définir les orientations à tenir dès avril. Au total, l’alliance avait accepté de laisser sous terre 7,125 millions de barils quotidiens en février et 7,05 millions b/j en mars : des coupes qui demeurent très importantes. La Russie et le Kazakhstan avaient remporté la possibilité d’assurer seuls l’augmentation progressive de la production du groupe. Et l’Arabie saoudite avait créé la surprise en réduisant sa production d’un million de barils quotidiens supplémentaire, et ce de son propre chef !

Quid des quotas de production ?

Cependant, la baisse de la production est difficilement tenable pour les finances de certains pays producteurs : la fixation des quotas de production, question épineuse récurrente, risque d’être à nouveau au cœur des échanges. Si l’Iran, le Venezuela et la Libye en sont exemptés, ce n’est pas le cas pour les autres membres ; certains pays n’ont d’ailleurs pas hésité à passer outre les accords pris au sein de l’Opep + en produisant bien plus qu’ils n’étaient autorisés à le faire, à l’instar de l’Irak et du Nigéria.

Une autre inconnue retient l’attention des observateurs : le dialogue finira-t-il par se renouer entre Téhéran et la Maison Blanche ? Si Joe Biden lève les sanctions appliquées contre l’Iran, ce dernier pourra reprendre ses exportations et le marché devra absorber un apport d’or noir conséquent.