Eléments de compréhension du marché de l'électricité en France

 

Comment fonctionne le marché de l’électricité en France ?

En France, EDF gérait l’ensemble de la chaîne de l’électricité depuis 1946 et appartenait à l’État. Les ELD mises à part (voir notre article sur le sujet), EDF agissait donc en monopole sur le territoire français. Dans les années 90, les institutions européennes décident de libéraliser les marchés de l’énergie, ce qui signifie ouvrir la production et la fourniture d’électricité à la concurrence. Seule la gestion du réseau de transport et d’acheminement reste en monopole afin que chaque fournisseur ne déploie pas ses propres câbles électriques. Par conséquent, EDF sépare ses activités avec d’un côté la gestion du réseau de distribution confiée à ERDF, la gestion du réseau de transport confiée à RTE et de l’autre la production et la fourniture d’électricité. Une organisation similaire se retrouve en gaz avec GRDF, GRTgaz et TIGF.

L’objectif principal de cette ouverture à la concurrence est d’assurer l’approvisionnement des consommateurs à un prix abordable.

Qui intervient sur le marché de l’électricité ?

Les producteurs d’électricité

Il existe différents modes de production de l’électricité en France. Néanmoins, les plus utilisés sont le nucléaire, qui représente 75 % de la production énergétique française et l’hydraulique, qui en représente 15 %. Les autres moyens de production d’électricité sont basés sur les énergies renouvelables (éolien, solaire, marées, géothermie, biomasse) ou fossiles (charbon, gaz, fioul).

Aujourd’hui bien qu’EDF soit encore propriétaire de près de 80 % du parc installé, d’autres producteurs existent. Ainsi Engie (anciennement GDF Suez) est le deuxième producteur français d’électricité par la combinaison de quatre moyens de production. Le descendant de Gaz de France utilise non seulement le gaz, mais aussi l’hydraulique, via des participations dans la SHEM (Société Hydro-Électrique du Midi) et la CNR (Compagnie Nationale du Rhône), le solaire et l’éolien. Engie est notamment le premier producteur éolien français. Il existe par ailleurs d’autres producteurs indépendants, entreprise dédiée ou grand groupe industriel dont ce n’est pas l’activité principale, gérant un ou plusieurs moyens de production (centrale gaz ou charbon, parc éolien ou solaire, cogénération, retenue d’eau, groupe électrogène, …)

Les gestionnaires des réseaux électriques

Le réseau électrique permet d’alimenter en électricité l’ensemble du territoire français et se décompose en deux parties, le réseau de transport et le réseau de distribution.

  • Réseau de Transport d’Électricité (RTE) s’occupe du transport de l’électricité au travers des lignes hautes tensions, les « autoroutes » de l’électricité. RTE est une filiale à 100% d’EDF mais indépendante financièrement, dans son fonctionnement et sa gouvernance.
  • Électricité Réseau Distribution de France (ERDF) gère la distribution de l’énergie à travers les lignes moyennes et basses tensions, les « nationales » et les « départementales » de l’électricité. Tout comme RTE, ERDF est une filiale à 100% du groupe EDF gérée indépendamment.

Les fournisseurs

L’activité de fourniture se rapporte à la vente d’électricité aux consommateurs finaux. Ouverte à la concurrence, la fourniture d’électricité rassemble une trentaine de fournisseurs différents sur le seul territoire français. Citons, outre le fournisseur historique EDF, Engie, Direct Énergie, Électricité de Savoie, GEG, Enalp, Lampiris, Enercoop, spécialiste de l’électricité verte, le suédois Vattenfall ou encore l’espagnol Iberdrola…

Toutefois, il n’est pas nécessaire d’être producteur d’électricité pour en être fournisseur. Ces derniers peuvent tout à loisir s’approvisionner sur les marchés de gros de l’électricité (voir notre article), comme la bourse de l’énergie EEX (European Energy Exchange).

Avec l’ouverture du marché de la fourniture et de la production d’énergie à la concurrence, les consommateurs peuvent désormais choisir entre plusieurs types de fournisseurs qu’ils soient historiques ou alternatifs.

  • Les opérateurs historiques

EDF est l’opérateur premier et historique concernant l’électricité en France. Aujourd’hui, cet acteur majeur vend également du gaz.

Engie est, quant à lui, l’opérateur historique du gaz en France, ex-GDF Suez, et le deuxième acteur en part de marché pour l’électricité. Depuis plus de 10 ans maintenant, cet opérateur vend de l’électricité en plus du gaz.

  • Les filiales de grands électriciens européens

Ce type de concurrents regroupe les filiales françaises des opérateurs historiques d’autres pays d’Europe. On peut par exemple citer Vattenfall (Suède), E-on (Allemagne), Iberdrola (Espagne) ou encore Enel (Italie). Les opérateurs historiques français sont également présents à l’étranger.

  • Les indépendants

Les fournisseurs indépendants sont ceux qui ne dépendent d’aucun grand groupe énergétique. On peut trouver parmi ces fournisseurs alternatifs des opérateurs comme Direct Energie ou Lampiris.

  • Les fournisseurs dépendants d’ELD

Les Entreprises Locales de Distribution (voir notre article sur les ELD) sont des opérateurs locaux qui n’ont pas été nationalisés en 1946, au moment de la création d’EDF. Ainsi sur moins de 5 % du territoire, la distribution d’électricité n’était pas assurée par l’opérateur historique EDF mais par des opérateurs locaux. Lors de la libéralisation du marché, certaines de ces ELD ont créé des fournisseurs, parfois en se regroupant entre elles. On trouve par exemple Électricité de Savoie (issu du réseau Sorea dans les Alpes), GEG (Gaz et Électricité de Grenoble), Alterna ou encore Enalp (qui sont des groupements de plusieurs ELD). Plus d’une dizaine de fournisseurs dépendants d’ELD existent ainsi en France aujourd’hui.

La mise en concurrence a changé le marché de l’électricité

La possibilité de passer en offre de marché et de changer de fournisseur d’électricité s’est mise en place de manière progressive, en commençant par les grandes structures industrielles ayant d’importantes consommations (>7 GWh) dès 1999. Depuis 2004, tous les professionnels et collectivités locales peuvent choisir une offre de marché et depuis 2007 pour les particuliers, celles-ci coexistent avec les tarifs réglementés.

Les tarifs réglementés sont des tarifs historiques dont le montant est fixé par les pouvoirs publics. Ils continuent à s’appliquer si le client ne passe pas en offre de marché et seul l’opérateur historique peut proposer des tarifs réglementés. Néanmoins ceux-ci ont disparu au 31 décembre 2015 pour tous les sites ayant une puissance souscrite supérieure à 36 kVA au profit des offres de marché.

Les offres de marché sont les offres proposées par les différents fournisseurs aux clients ayant quitté les tarifs réglementés. Les prix sont fixés librement par les fournisseurs alternatifs mais l’opérateur historique EDF peut également proposer des offres de marché.