consensus opep

A l’issue de deux jours de discussions, les 23 membres de l’Opep + sont parvenus à un accord qui semble satisfaire l’ensemble des parties prenantes.

Deux lignes clairement opposées

Divisés, les membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et leurs partenaires avaient en effet suspendu lundi leurs négociations et reporté au lendemain leur décision sur le niveau de production du mois de février.

«La Russie et l’Arabie saoudite, les pays les plus puissants dans l’élaboration de la politique de l’Opep+ en 2020, sont venus aujourd’hui avec des ordres du jour différents» avait alors expliqué Bjornar Tonhaugen, analyste de Rystad Energy.

« Alors que l’Arabie saoudite, soutenue par la plupart des membres de l’Opep+, vise à maintenir la production de pétrole à un niveau stable en février, la Russie semble cette fois en avoir « assez » et penche pour une augmentation de 500.000 barils par jour le mois prochain, soit l’augmentation mensuelle maximale autorisée par l’accord actuel » avait-il ajouté.

« Au risque d’être rabat-joie, je vous exhorte à la prudence. Le nouveau variant du virus est un événement imprévisible et inquiétant » avait ainsi alerté le prince saoudien Abdulaziz ben Salman dans son discours liminaire de la réunion.

Un consensus qui doit beaucoup à Riyad

Le volume retiré volontairement du marché passera de 7,2 millions de barils par jour en janvier à 7,125 mbj en février puis à 7,05 mbj en mars, a annoncé le cartel à l’issue de son premier sommet ministériel de 2021. L’OPEP  + a donc opté pour « la prudence » face à la crise sanitaire. Les augmentations de production seront exclusivement réalisées par Russie et le Kazakhstan.

« Nous avons confirmé la nécessité d’une augmentation progressive de la production pétrolière, dans la lignée de ce qui avait été décidé en décembre » a  déclaré le vice-premier ministre russe chargé du secteur énergétique, Alexandre Novak, lors d’une conférence de presse en fin de réunion.

Néanmoins il était nécessaire de contenir l’offre face à la reprise des plus timides de la demande. Créant la surprise, l’Arabie Saoudite a alors décidé unilatéralement d’entamer son propre quota sur la période à hauteur d’un million de barils par jour.

« Une approche plus conservatrice de la part du groupe, compte-tenu de la période d’incertitude dans laquelle nous nous trouvons, est très bien accueillie par les marchés et devrait maintenir des prix élevés« , a déclaré à l’AFP Craig Erlam, analyste de la société de trading Oanda.

Un soutien des cours du brut : c’est en effet certainement ce que l’Arabie saoudite a en ligne de mire, elle qui ne peut se satisfaire d’un prix du baril inférieur à 50 dollars pour assurer ses finances publiques, au contraire de la Russie qui aspire principalement à maintenir la pression sur le pétrole de schiste américain.