nucléaire changement climatique

A l’occasion des Electric Days, manifestation organisée par EDF, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a tenu à mentionner le rôle important que peut jouer le nucléaire dans la course contre la montre engagée contre le réchauffement climatique. «Le défi que nous avons devant nous est tellement énorme : nous devons rapidement décarboner notre système énergétique et cela doit se faire dans les 10 à 20 prochaines années», a déclaré Fatih Birol, le directeur exécutif de l’AIE. « C’est pourquoi il est extrêmement important que nous utilisions toutes les technologies propres disponibles ». « Nous disposons du solaire, de l’éolien, de l’hydro, du nucléaire et de l’efficacité énergétique. Et aujourd’hui le nucléaire est la seconde source d’électricité propre à travers le monde ». a-t-il ainsi rappelé.

Le nucléaire est en effet une énergie qui n’émet que très peu de CO2. Par ailleurs, l’électricité qui en est issue est produite « sans interruption » comme le souligne Fatih Birol, ajoutant que le nucléaire pourrait ainsi venir « soutenir » les énergies intermittentes, telles les énergies solaire et éolienne.

Certains freins restent cependant encore à lever, nombre de voix critiquant l’énergie nucléaire. Ses opposants pointent les enjeux liés à la gestion des déchets, l’importance des coûts inhérents à cette industrie (construction, maintenance, démantèlement) et sa dangerosité (Tchernobyl, Fukushima…), d’autant plus élevée que les structures sont vieillissantes.

Certaines réponses pourraient être apportées, à condition que le secteur innove : Fatih Birol déclare ainsi « croire que le nucléaire a un rôle aujourd’hui, et si l’industrie nucléaire continue d’innover avec des nouvelles technologies elle aura clairement un rôle à l’avenir ».

Toutes ces problématiques résonnent particulièrement dans l’Hexagone.

Le nucléaire est intégré au plan de relance de l’économie française

La France conserve en effet une production d’électricité majoritairement issue du nucléaire (+ 70 %) ce qui lui permet de se placer comme l’un des grands pays industrialisés le moins émetteur de CO2.

Le plan de relance présenté le 3 septembre 2020 par le gouvernement a d’ailleurs inscrit le nucléaire au titre des énergies et technologies vertes qui ont un « potentiel de réduction massive des émissions à long terme ». Une orientation de la politique énergétique française plutôt inattendue puisque la loi Énergie et Climat, publiée en 2019, prévoit de réduire à 50 % la part du nucléaire dans la production électrique d’ici à 2035.

Via le plan relance, les pouvoirs publics prévoient ainsi d’allouer à la filière 470 millions d’euros pour, entre autres, financer des projets de recherche et de développement autour de solutions innovantes pour la gestion des déchets.

Si les acteurs du secteur sont rassurés, la France marque en revanche, sur le sujet, sa différence avec la Commission Européenne.