Contexte actuel : Les risques politiques et la crise sanitaire sapent le moral des marchés

Malgré le bond du milieu de l’été, (+2 €/MWh au mois d’août soit une hausse de 16%) les prix du gaz sont intéressants et les années futures à moins de 15,50 €/MWh permettent de fixer un budget sur le long terme. Pour rappel, la moyenne du cal-21 était de 18,57 €/MWh sur l’année 2019. La reprise économique qui finira par arriver verra certainement les prix se redresser.

Évolution du prix du gaz depuis 2008 (en €/MWh )

(source EEX- 1er octobre 2020)

Évolution du prix du gaz depuis 1 an (en €/MWh)

(source EEX- 1er octobre 2020)

Le pétrole s’achemine vers des performances négatives

Après un mois d’août plutôt stable (le Brent clôt le 30 août à 44,6 $/b), les cours du baril marquent à la baisse dès début septembre. La demande est anémique avec un marché mondial déprimé par un rebond de la pandémie. A contrario, la production est excédentaire : retour des exportations libyennes, hausse des exportations irakiennes et contournement de l’embargo américain par l’Iran.
Par ailleurs, nombre d’incertitudes géopolitiques pèsent sur les prix : résultats des présidentielles US, conflit entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie au Nagorny Karabakh, région stratégique pour le transport de pétrole, la Russie prête à augmenter sa production dès la fin des accords de l’Opep +, décès de l’émir du Koweït…

Le gaz se détache des cours du baril et se maintient

Août a vu les cours du gaz se redresser avec des prix spots portés par la forte demande d’électricité liée à la canicule. Les prix à terme ont été soutenus par une faible exportation de GNL US et le retard des livraisons de gaz norvégien. En septembre, la progression des prix s’est confirmée, sous l’effet conjoint de la reprise de la demande asiatique et de la hausse des prix du CO2. Fin du mois, la tendance haussière s’est apaisée, les acteurs semblant avoir été rassurés par la reprise de l’exportation de GNL US et celle imminente de gaz norvégien.

L’économie oscille entre frilosité et pessimisme

Les marchés sont nerveux alors que la seconde vague pandémique se précise et que plane le spectre d’un nouveau confinement. Plus globalement, l’approche des présidentielles américaines, les tensions toujours présentes entre Washington et Pékin, l’escalade de violences dans le Haut-Karabakh qui fait craindre une internationalisation du conflit rendent l’environnement des plus incertains.


Synthèse et préconisation

Beaucoup d’incertitudes viennent alimenter la volatilité des marchés mondiaux. Les prix du gaz restent toutefois à un niveau faible sur un historique long.