Contexte actuel : Les marchés évoluent en ordre dispersé face à la résurgence du Covid et à l’incertitude géopolitique

Suite à la hausse des prix de marché, les offres ARENH peuvent être plus compétitives mais beaucoup d’incertitudes perdurent (écrêtement, réforme, capacité). Pour rappel, 1 MW d’ARENH embarque 1 MW de garantie de capacité et la dernière enchère de juin s’est établie à 47 401 €/MW, un tel prix sur la dernière enchère de décembre valoriserait l’électron du mécanisme ARENH à 36,59 €/MWh !

Évolution du prix de l’électricité depuis 2008 (en €/MWh )

(source EEX- 1er octobre 2020)

Évolution du prix de l’électricité depuis 1 an (en €/MWh)

(source EEX- 1er octobre 2020)

Le cours du CO2 flirte avec ses plus hauts historiques

Ces dernières semaines, les prix du carbone ont atteint par trois fois le cours symbolique de 30€/tonne, niveau historique qui n’a été approché qu’une seule fois, à l’été 2019. Les discours des dirigeants européens au sujet de la transition écologique et d’une reprise « verte » ont dopé la spéculation à la hausse des prix du CO2. Comme les autres bourses, ce marché est particulièrement volatile depuis quelques
mois et pèse sur les prix de l’électricité.

Signaux au vert pour le gaz tandis que les voyants du pétrole virent au rouge

Après avoir atteint ses plus bas historiques avant l’été, le charbon reprend quelques couleurs, profitant notamment de la hausse des prix du gaz. Ce dernier est en effet soutenu par une baisse des exportations de GNL US, un retard des livraisons de gaz norvégien et la vigueur des prix du CO2. Le pétrole, en revanche, continue sa traversée du désert, déstabilisé par une demande mondiale en berne, une offre abondante,
des tensions sino-américaines vivaces et par un conflit vieux de 30 ans qui enflamme à nouveau le Caucase.

Le marché de l’électricité se cherche

En nette hausse sur la 2e quinzaine d’août,+ 9 % en 10 jours, les prix de l’électricité font les frais de l’augmentation du CO2 et du gaz qui pallie le manque d’énergie atomique. En effet, la puissance nucléaire disponible a atteint un plus bas d’au moins douze ans en août faisant craindre pour la sécurité d’approvisionnement du pays pour les mois à venir. D’autant plus que plusieurs maintenances prévues entre 2021
et 2023 ont vu leur durée rallongée jusqu’à dix jours dans le calendrier prévisionnel de l’Électricien français. À titre d’illustration, le manque de vent et la demande de refroidissement lors de la canicule ont fait
bondir les prix spots à 1 122 €/MWh durant l’après-midi du 15 septembre. L’incertitude ambiante sur le nucléaire génère beaucoup d’inquiétudes à long terme et les prix des Cal 21, 22 et 23 se tiennent dans un mouchoir de poche, moins de 1 €/MWh ces derniers jours. Est-ce que des annonces du gouvernement ou de la commission européenne sur le projet de réforme de l’ARENH calmeront les angoisses du marché ?


Synthèse et préconisation

Reconnecter au réseau plus de 20 GW de capacité nucléaire avant la pointe hivernale est un défi technique de taille en pleine crise sanitaire. Cela pourrait peser encore sur les prix 2021 dans les semaines à venir.

ARENH