Contexte : Signes frileux d’une reprise économique mondiale

Cette dernière semaine d’avril a vu les prix du gaz bondir de 8,5% et se rapprocher des 20 €/MWh. Avec la reprise qui se confirme, les perspectives d’une baisse sont difficiles à entrevoir et le potentiel de hausse est encore important. A moins que la hausse des exportations iraniennes ne vienne tirer les prix à la baisse…

Évolution du prix du gaz depuis 2008 (en €/MWh )

opera energie evolution prix gaz depuis 2008 en date de mai 2021

(source EEX- 4 mai 2021)

Évolution du prix du gaz depuis 1 an (en €/MWh)

opera energie evolution du prix du gaz depuis 1 an en date de mai 2021

(source EEX- 4 mai 2021)

Recul de l’épidémie, le pétrole en surchauffe

En mai, le baril a profité de signaux encourageants, qui sont venus soutenir les prix. L’accélération de la vaccination en Europe et aux Etats-Unis, où la moitié des adultes a déjà reçu au moins une dose d’un vaccin contre le Covid-19, contribue à orienter les prix à la hausse. Le 6 avril, le Brent ouvre la bourse de Londres à 62,32 $/b. Les cours sont aussi portés par la résurgence des tensions au Yémen, où des rebelles houtis intensifient leurs tirs transfrontaliers envers l’Arabie saoudite, en visant notamment les sites de la compagnie pétrolière Aramco.

La fin du mois d’avril voit encore les prix progresser, dopés par la perspective d’une reprise économique, le maintien des coupes de l’OPEP + et la suspension temporaire de la production comme des exportations d’un terminal majeur de la Libye. Le 30 avril, le baril atteint ainsi les 69 $/b, du jamais vu depuis le 15 mars.

Mais ce cap haussier se maintiendra-t-il alors que Joe Biden pourrait lever les sanctions américaines contre le pétrole iranien ? Et surtout, le pétrole sera-t-il assez fort pour absorber la violente crise sanitaire dans laquelle est plongée l’Inde, 3ème consommateur mondial de pétrole ?

Les fondamentaux soutiennent les prix du gaz

Après un début de mois relativement stable, les prix du gaz se redressent dès la mi-avril. Le contrat Cal-22 s’échange le 6 avril à 18,26 €/MWh et atteint 17,7 €/MWh le 9 avril. Après cette légère baisse structurelle, les prix grimpent à nouveau sur toutes les maturités, poussés par les prix du charbon, du pétrole et une demande asiatique de GNL qui ne faiblit pas. Le contrat Cal-22 passe de 18,24 à 19,78 € /MWh entre le 26 et le 30 avril.

Sortie de crise en accordéon

La reprise en Chine montre quelques signes d’essoufflement au contraire de l’activité américaine qui s’accélère. Les pays émergents peinent à contrer la vélocité de l’inflation, d’autant que certains sont confrontés à une situation sanitaire fortement dégradée. En Europe, les signaux sont contrastés. En France, le dynamisme économique semble regagner peu à peu du terrain, même si l’embellie diffère selon les secteurs.


Synthèse et préconisation

En 2018, ce sont les tensions géopolitiques qui avaient fait bondir les prix à plus de 26€/MWh jusqu’à ce que la guerre commerciale sino-américaine stoppe leur essor. Bien malin celui qui sait où cet élan haussier se terminera.