Une fin d’année folle pour les cours du gaz… vers une accalmie pour 2022 ?

Gaz, mais aussi électricité ou charbon… Jamais les produits énergétiques n’avaient atteint de tels niveaux de prix. La raison de cette hausse est en bonne part conjoncturelle, entre la forte reprise économique et des capacités de production limitées. Certains pensent ainsi que les prix baisseront dès la sortie de l’hiver. Cependant plusieurs observateurs appellent à davantage de vigilance, pointant les causes structurelles de l’augmentation des prix de l’énergie, comme la politique européenne environnementale.

Evolution des prix du gaz depuis 2008 (en €/MWh)

(source EEX – 06 janvier 2022 – Attention : le changement d’année de livraison exagère l’effet baissier)

Evolution des prix du gaz depuis 1 an (en €/MWh)

(source EEX – 06 janvier 2022 – Attention : le changement d’année de livraison exagère l’effet baissier)

Le pétrole plutôt stable face à la fébrilité ambiante

S’ils ont d’abord résisté début décembre, les cours du brut ont rapidement cédés du terrain devant les incertitudes liées au variant Omicron. Le 17 décembre, le Brent affiche 73 $/b répercutant la fermeture de plusieurs usines en Chine. Courant du mois, le marché reste attentif sinon craintif, devant les restrictions sanitaires qui se multiplient aux Pays Bas, au Royaume-Uni, en Allemagne, en Israël… Le Brent lâche ainsi à 69,79 $/b le 20 décembre. Il finit cependant 2021 sur une dynamique haussière qui semble se confirmer à l’orée de 2022. Le 4 janvier, le Brent traite en effet à 80$/b.

Une inquiétude moindre pèse sur la demande alors que l’offre est toujours contrainte. D’une part, l’OPEP+ a confirmé maintenir une augmentation de sa production ; d’autre part, la production libyenne souffre d’un déficit de 500 000 b/jour, suite à un problème technique sur un de ses oléoducs et la fermeture forcée de 4 champs pétroliers.

Le gaz finit 2021 en enchainant les records haussiers

En décembre, les prix du gaz ont couru un marathon haussier qui a laissé l’ensemble des acteurs exsangues. Les bruits de bottes russes aux frontières de l’Ukraine, le report de la mise en œuvre de Nord Stream 2, les possibles mesures de rétorsions brandies en Europe comme Outre-Atlantique à l’encontre du Kremlin, des transferts de gaz en direction de l’Europe en berne (les transferts sur la plateforme d’échanges de Gazprom passe de 284 TWh en 2020 à 76 TWh en 2021), un taux de remplissage des réserves de gaz européennes à 59% et une vague de froid annoncée… sont autant de facteurs cumulés qui font grimper les prix du gaz à des sommets.

Alors qu’il affiche 57,25 €/MWh le 1er décembre, le Cal-22 gaz bondit à 82,42 €/MWh le 13 décembre pour atteindre 139,68 €/MWh le 22 décembre. Du jamais vu ! En fin d’année les prix reculent enfin. La tension sur l’approvisionnement s’est détendue, sous le double effet du redoux des températures et d’une augmentation des livraisons de GNL américain. Le 4 janvier 2022 le Cal-23 gaz traite aux alentours de 48,38 €/MWh au lieu de 60,48 €/MWh le 22 décembre 2021. Cependant, il est encore trop tôt pour conclure à une véritable dynamique baissière.