Les stocks de gaz UE sont remplis à 80 %, à 92 % en France. Mais cela ne suffira pas à stopper la crise énergétique. Les ministres UE de l’énergie se réunissent en urgence ce 9 septembre. Ce week-end, le gouvernement français a aussi annoncé la prolongation du bouclier tarifaire pour 2023. Mais dans quelle mesure ? Autre question majeure : EDF parviendra-t-elle à remettre en service 32 réacteurs d’ici début 2023, comme annoncé ?

L’électron en net recul

Les cours ont été impactés par les annonces d’une réforme structurelle du marché de l’électricité européen. La Commission européenne envisagerait en effet de plafonner une partie des prix de gros de l’électricité, de mettre en place des tarifs réglementés pour les plus fragiles et de renforcer les mesures incitatives pour réduire la consommation. En France, à la suite du conseil de défense, la ministre de la Transition énergétique a affirmé qu’« EDF s’est engagée à tout redémarrer pour cet hiver ».
Le gouvernement annonce ainsi une réouverture de centrale par semaine dès octobre. Actuellement, sur 56 réacteurs nucléaires, 32 sont à l’arrêt.

Evolution des prix de l’électricité sur la semaine avec clôture au 02 septembre

  • Le Cal-23 clôt à 590 €/MWh, soit une baisse de – 35,87 % depuis le 29 août
  • Le Cal-24 clôt à 290 €/MWh, soit une baisse de – 37,49 % depuis le 29 août
  • Le Cal-25 clôt à 240 €/MWh, soit une baisse de – 27,27 % depuis le 29 août

Évolution du prix de l’électricité depuis 1 an (en €/MWh)

(Source EEX- 2 septembre)

Évolution des prix de l’électricité depuis 1 mois (en €/MWh)

(Source EEX- 2 septembre)

Le gaz corrige fortement à la baisse

Après l’envolée stratosphérique de fin août, les cours du gaz ont corrigé à la baisse. Les marchés semblent rassurés par le bon remplissage des stocks européens ainsi que par les annonces, des pays membres comme de la Commission européenne, pour endiguer la hausse des prix de l’énergie. Pourtant, le Kremlin souffle plus que jamais le froid et le chaud. Gazprom a ainsi annoncé vendredi que Nord Stream 1 ne redémarrait finalement pas, en raison d’une fuite d’huile. Puis, quelques heures plus tard, le géant gazier déclare que 42,7 millions de m3 de gaz seront livrés via l’Ukraine, ce qui ne compense néanmoins pas les volumes attendus via NS1.

Evolution des prix du gaz sur la semaine avec clôture au 2 septembre

  • Le Cal-23 clôt à 172,35 €/MWh, soit une baisse de – 31,84 % depuis le 29 août
  • Le Cal-24 clôt à 106,80 €/MWh, soit une baisse de – 37,34 % depuis le 29 août
  • Le Cal-25 clôt à 72 €/MWh, soit une baisse de – 28,63 % depuis le 29 août

Évolution du prix du gaz depuis 1 an (en €/MWh)

(Source EEX- 2 septembre)

Evolution des prix du gaz depuis 1 mois (en €/MWh)

(Source EEX- 2 septembre)

Les inquiétudes sur la demande dominent

Plusieurs facteurs ont joué à faire progresser le pétrole. L’accord autour du nucléaire iranien semble à nouveau s’éloigner tandis que des tensions internes en Libye font craindre le blocage des exportations. Enfin, il est plus que probable que l’Opep + abaisse sa production. L’avancée des prix a cependant été amoindrie avec l’annonce de l’arrêt des livraisons de Gazprom, qui relance le spectre d’une récession en Europe, ainsi que la nouvelle vague de confinement en Chine.

  • Le contrat pour livraison en octobre enregistre une baisse de – 7,89 % depuis le 29 aout, clôturant à  93,02$/b le 02 septembre.

Le carbone fléchit encore

Les prix des émissions de CO2 ont baissé la semaine dernière, notamment sur fond de crainte d’une récession et dans l’attente des mesures d’urgence de la Commission européenne.

  • Le contrat Décembre 2022 clôt vendredi 02 septembre à 77,89 €/t, soit une baisse de – 10,13 %  sur la semaine.

Evolution du prix du carbone depuis 1 an (en €/MWh)

(Source EEX- 2 septembre)