Contexte : les prix long terme répercutent le mouvement haussier du gaz

Les prix de l’électricité répercutent la hausse du gaz, du charbon et des émissions de CO2. Le record historique de 2008 est tombé le 6 septembre, et les 100€/MWh semblent maintenant inéluctables. Même si les prix pour 2023 et 2024 sont moins hauts, les offres ARENH limitent la hausse du budget malgré l’écrêtement à venir.

Évolution du prix de l’électricité depuis 2008 (en €/MWh )

opera energie septembre 2021 electricite evolution du prix depuis 2008

( source EEX- 7 septembre 2021 )

Évolution du prix de l’électricité depuis 1 an (en €/MWh)

opera energie septembre 2021 electricite evolution du prix depuis 1 an

( source EEX- 7 septembre 2021 )

Une courte accalmie avant une explosion des prix du CO2

Juillet aura été marqué par une certaine volatilité du marché, avec des prix qui marquent un léger recul avant de consolider autour des 52 €/t. La présentation du paquet climat européen Fit-for-55 mi-juillet n’aura donc pas poussé le carbone à reprendre son rallye haussier : il faut dire que les différentes mesures n’ont pas créé de grande surprise, certaines dispositions ayant déjà été dévoilées par voie de presse. Début août, le CO2 repart à la hausse, à 55 €/t avant de grimper fortement à la fin du mois jusqu’à dépasser les 60 €/t le 31 août ! Le prix du carbone répercute une moindre disponibilité des volumes et l’envolée des prix du gaz.

 

Gaz et charbon décollent, le pétrole reste haussier

Le charbon continue sa trajectoire haussière, soutenu par une offre perturbée, la reprise économique et des prix du gaz en forte augmentation. Traitant à 116,20 $/tonne, le contrat month-ahead ARA franchit la barre des 130 $/t fin juillet avant de grimper à plus de 145 $/t en aout et clore la période estivale en se rapprochant des 150 $/t. Du côté du gaz, si l’on assiste à un léger recul en juillet les cours rebondissent fortement dès début août, tirés à la hausse par la demande asiatique et par une offre réduite. L’annonce à venir du démarrage de Nord Stream 2 ne suffira pas à enrayer la course effrénée des prix. Le Cal-22 affiche ainsi 33,94 €/MWh le 31 août. Le marché du pétrole est lesté, quant à lui, par les inquiétudes liées à la propagation des variants : aussi le baril va-t-il chuter à son plus bas depuis mai en affichant 66,49 $/b le 19 août. Mais les incertitudes qui pèsent sur la production alors que la demande ne faiblit pas viennent à nouveau tendre les cours. Le Brent clôt le 30 aout à 73,36 $/b.

L’électricité accélère

Répercutant la légère baisse du prix du carbone, le Cal-22 passe de 76,66€/MWh le 5 juillet à 71,32 €/MWh le 20 juillet. Mais ce repli sera de courte durée. Suivant la tendance des fondamentaux les prix atteignent des records historiques courant de l’été. Traitant à 79,15  €/MWh le 2 août, le Cal-22 grimpe à presque 86€/MWh dix jours plus tard pour finir le 31 août à 89,65 €/MWh et ouvrir septembre au-dessus des 90 €/MWh.


Synthèse et préconisation

Depuis quelques semaines, la hausse du prix du gaz rend plus compétitives les centrales à charbon bien que les prix de ce dernier augmentent également. Le recours au charbon alimente ainsi la hausse des prix du CO2 et donc de l’électricité.

ARENH