L’électricité ne lâche rien, orienté par le gaz et le CO2

Les prix de l’électricité ont connu ces dernières semaines une volatilité extrême avec des niveaux de prix jamais vu depuis l’existence des marchés de l’électricité européens. Cette situation tient principalement à la tension d’approvisionnement en gaz qui a fait bondir ses prix et ceux du charbon. Les prix long terme sont heureusement moins élevés, conservant l’espoir que cette situation se décante après l’hiver.

Évolution du prix de l’électricité depuis 2008 (en €/MWh )

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(source EEX – 25 novembre 2021)

Évolution du prix de l’électricité depuis 1 an (en €/MWh)

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(source EEX – 25 novembre 2021)

Le Carbone continue de naviguer à des niveaux hauts

Après avoir débuté octobre relativement stables, les prix du carbone seront marqués par une certaine volatilité tout le reste du mois. Dec-22 passe de 59,99 à 57,80 €/tonne le 22 octobre, avant de remonter à
59,56 €/ tonne en fin de mois. Début novembre, le carbone se stabilise à nouveau : le marché est suspendu au déroulé du sommet des Nations unies sur le climat, la COP26. Une fois celui-ci terminé sans que des accords majeurs n’aient été décidés, les cours repartent immédiatement à la hausse et battent de nouveaux records, autour de 70 €/tonne.

Les commodities toujours en ordre de marche forcée

Devenu plus compétitif que le gaz pour la production de l’électricité, le charbon a continué à grimper jusqu’à ce que son rallye haussier soit interrompu par la Chine. Cette dernière a appelé les acteurs du marché du charbon à davantage respecter leurs obligations contractuelles. Le charbon décroche passant de plus de 180 $/t à près de 100 $/t durant le mois d’octobre.

En hausse courant octobre, le baril ralentit légèrement début novembre, à la suite des déclarations américaines de puiser dans les réserves stratégiques du pays. Mais les cours repartent rapidement à la hausse, soutenus par la résurgence des tensions Bruxelles/ Moscou à la frontière ukrainienne.

Côté gaz, les prix ont atteint des sommets en octobre (66,04 €/MWh le 5 octobre) avant de se résorber légèrement, lorsque la Russie déclare augmenter ses exportations à destination de l’Europe. Cependant, les tensions liées à l’approvisionnement doublée de la crise migratoire en Biélorussie et de la suspension de la certification Nord Stream 2 sont venues tendre les cours à nouveau. Au 24 novembre, le Cal-22 affiche 56,68 €/MWh.

L’électricité garde le pied sur l’accélérateur

En octobre, tirés par les prix du gaz, les prix à terme de l’électricité évoluent à des niveaux jamais vus. Le Cal-22 a ainsi dépassé les 160 €/MWh dans les premiers jours du mois. Soit + 196 % depuis janvier 2021. Le 6 octobre, la Russie annonce une hausse de ses exportations de gaz : dans le sillage du gaz, l’électricité se détend. Après avoir atteint les 190 €/MWh en séance, le Cal-22 termine le mois à 116,35 €/MWh.

Novembre ne confirme pas cette tendance baissière, le Cal-22 grimpe de 112,37 €/MWh le 1er jour du mois à 138,80 le 16 novembre. Continuant à répercuter la flambée du gaz (et dans une moindre mesure les prix hauts du CO2), l’électricité se tend encore au report de la certification de Nord Stream 2 : le Cal-22 Elec affiche 156,57 €/MWh le 24 novembre. L’électricité subit aussi les nouvelles envolées records du CO2 qui a dépassé les 70 €/t sur plusieurs séances.


Synthèse et préconisation

Le guichet ARENH est passé et on attend désormais l’annonce du taux d’écrêtement d’un jour à l’autre. Avec le prix Cal-22 au-dessus des 160 €/MWh, le coût de l’écrêtement peut dépasser les 30 €/MWh.

ARENH