Entre écrêtement de l’ARENH et flambée des prix, l’électricité est au cœur des préoccupations financières, réglementaires et politiques

De 169,25 €/MWh le 1er décembre, le Cal-22 grimpe à 233,51 €/MWh le 13 décembre avant de culminer à 407,50 €/MWh la semaine suivante, le 22 décembre ! L’envolée du carbone et du gaz ainsi que des capacités de production nucléaire en baisse ont fait flamber les cours de l’électricité. Mi-décembre, la France ne dispose en effet que de 72 % de ses capacités nucléaires, suite à la fermeture de deux centrales. Les prix ont immédiatement répercuté ces annonces, dans un marché déjà extrêmement fébrile. Avec la trêve des confiseurs, les prix à terme corrigent à la baisse. Le Cal-23 affiche 127,28 €/MWh le 3 janvier. L’an dernier, à la même période, Cal N+1 traitait à 50 €/MWh.

Évolution du prix de l’électricité depuis 2008 (en €/MWh )

(source EEX – 06 janvier 2022 – Attention : le changement d’année de livraison exagère l’effet baissier)

Évolution du prix de l’électricité depuis 1 an (en €/MWh)

(source EEX – 06 janvier 2022 – Attention : le changement d’année de livraison exagère l’effet baissier)

Le carbone toujours plus haut

Comme depuis de longs mois, le prix du carbone européen a enchainé les sommets historiques durant le dernier mois de l’année 2021. Le CO2 a notamment été poussé par la nouvelle coalition de gouvernement en Allemagne, qui prévoit une priorité élevée à la tarification du carbone. Berlin espère en effet imposer un prix minimum du CO2 à 60 €/t dans l’Union Européenne. Traitant à 79 €/t début décembre, le CO2 dépasse les 90 €/t le 8 décembre. Il dévisse la 3ème semaine, perdant près de 15 €/t. En cause, la liquidation simultanée de nombreuses positions, pour prises de bénéfices en fin d’année et transfert vers 2022. Cependant, cette baisse a été de courte durée, le carbone repasse à nouveau au-dessus des 80 €/t dès le 22 décembre. Et le contrat Déc-22 traite désormais autour des 86 €/t.

Les fondamentaux ne faiblissent pas, le gaz explose

Le pétrole marque le pas début décembre, devant les incertitudes liées au variant Omicron. Le prix du Brent avance ou temporise au gré des nouvelles de la crise sanitaire. Cependant les cours restent hauts et ouvrent 2022 aux alentours de 80$/b. Les cours restent hauts également du côté du charbon. Ce dernier a en effet vu ses prix grimper, alors qu’il est davantage plébiscité pour la production d’électricité, face à une offre de gaz en berne et très chère. En décembre, le charbon oscille ainsi aux alentours de 145 $/t, avant de reculer en fin d’année. Du côté du gaz, en revanche, les prix s’emballent. De 57,25 €/MWh le 1er décembre, le Cal-22 traite à 139,68 €/MWh le 22 décembre. Il faut dire que le marché du gaz est soumis à rude épreuve : une forte demande due à la reprise, des réserves faibles, un approvisionnement tendu, l’arrivée de l’hiver, la suspension de la certification de Nord Stream 2… La dégradation des relations entre la Russie et l’Ukraine a rompu ce fragile équilibre et les prix du gaz, déjà haussiers, ont explosé. Le 10 janvier Washington et Moscou doivent discuter de la situation, question qui sera aussi débattue lors du rendez-vous Otan-Russie le 12 janvier. En attendant, les prix du gaz enregistrent de nouvelles hausses.

 


ARENH

La commande ARENH est ressortie à 160.05 TWh soit un taux d’écrêtement de 37.52%. Comme les marchés ont explosé début décembre, le surcoût écrêtement qui en résulte pour les offres ARENH peut dépasser les 50 €/MWh selon le profil de consommation.