Contexte actuel : Le Covid-19 électrise les marchés

Les prix à court terme se sont écroulés : baseload pour le mois d’avril sous les 15€/MWh et prix spot négatifs ! Mais pour l’instant les prix long terme résistent bien.

Évolution du prix de l’électricité depuis 2008 (en €/MWh )

(source EEX- 9 avril 2020)

Évolution du prix de l’électricité depuis 1 an (en €/MWh)

(source EEX- 9 avril 2020)

Le prix de l’électron se maintient péniblement

Le confinement instauré en Europe à la mi-mars a obligé de nombreux secteurs à freiner ou arrêter leur activité. En France, les grands industriels voient leur consommation d’électricité chuter de 30%. Au global, avec les loisirs, le tourisme et la restauration en pause, la consommation française baisse de 15%. Cet effondrement inédit de la demande a impacté immédiatement la courbe moyen-terme avec un baseload pour le mois d’avril passant de 30 à 14€/MWh et de 30 à 18€/MWh pour le 2e trimestre 2020. Finalement le calendar baseload 2021 retrouve mardi 7 avril son niveau d’avant crise après un passage éclair sur les 37€/MWh le 18 mars. À l’heure où l’on parle du déconfinement, la reprise économique sera-t-elle assez vigoureuse pour maintenir les prix au niveau d’avant crise ou les prévisions de croissance 2021 auront-elles raison du palier des 40€/MWh de l’ARENH (hors capacité) ?

Gaz et pétrole touchés de plein fouet par la crise

Le pétrole s’est effondré avec la mise à l’arrêt des plus grandes économies du globe pour faire face à la pandémie du coronavirus. Le baril a ainsi perdu plus de la moitié de sa valeur depuis la mi-février. Ce mouvement est accentué par une guerre des prix lancée par la Russie qui refuse pour l’instant de baisser sa production pour préserver ses parts de marché et nuire aux producteurs de schiste américains. L’OPEP et la Russie se rencontrent jeudi 9 avril pour trouver un accord. En baisse constante depuis quelques mois les prix du gaz ne remontent pas. À la baisse structurelle liée à l’offre mondiale pléthorique est venu s’ajouter le contexte de la crise actuelle du Covid-19.

Le cours du CO2 s’effondre puis se reprend

Le ralentissement de l’activité économique et des industries a entraîné la chute des places boursières européennes, le CAC (-38%) le DAX (-38%) et le FTSE 100 (-32%) affichaient des pertes d’une violence inédite à la mi-mars. Le niveau des quotas carbone étant directement lié à l’activité industrielle, la crainte d’une profonde récession a également fait décrocher le contrat de décembre 2020 qui cotait à 15,32€/tonne le 18 mars contre 24,09€/tonne huit jours plus tôt. L’optimisme des marchés a ensuite fait rebondir les prix autour des 20€/tonne en ce début avril. Les cours pourraient rapidement retrouver leur niveau d’avant crise si une reprise se confirme dans les semaines à venir.


Synthèse et préconisation

Les prix oscillent autour du prix de l’ARENH. Pour les offres, le point de bascule entre ARENH et 100 % marché se trouve autour des 39,7 €/MWh, en prenant en compte l’avantage lié à la capacité. Toutefois, il faut garder en tête que les offres ARENH laissent planer des incertitudes sur votre budget (réglementation, écrêtement) quand les offres 100 % marché permettent de fixer le prix de l’électron sur la durée du contrat.

ARENH

(source EEX- 9 avril 2020)