usine illuminée

Concrétisant une annonce de 2015, la Chine lancera son marché du carbone le 1er février. Une bonne nouvelle quand on sait que le 1er pollueur mondial a promis d’atteindre la neutralité carbone en 2060.

Le ministère de l’Environnement chinois a ainsi publié début janvier une réglementation autorisant les provinces à fixer des quotas d’émission de gaz à effet de serre pour les centrales thermiques. Seuls les énergéticiens producteurs d’électricité et de chaleur seront concernés : les centrales thermiques représentent 43 % des GES de la Chine. Les sites d’énergie régulés seront ceux qui émettent plus de 26 000 tonnes de gaz à effet de serre par an, soit 2 255 entités. Comme le détaille l’International carbon partnership (ICAP), ils recevront rétroactivement des permis pour le premier cycle de mise en conformité du marché, qui a commencé le 1er janvier et couvre le CO2 émis au cours de la période 2019-2020.

Un marché qui diffère du système européen

Le système d’échange de quotas d’émissions chinois ne ressemble pas à celui du système européen (l’EU ETS). Tout d’abord, le système européen concerne 12 000 installations industrielles, alors que celui de Chine en intègre à peine plus de 2000. Il diffère également dans sa mise en œuvre. Lancé en Europe en 2005, l’EU-ETS est fondé sur un principe de plafonnement et d’échange (Cap-and-Trade). Un plafond (cap) est fixé sur le montant des émissions de certains GES générées par les entreprises. Elles reçoivent un certain nombre de quotas ou « droits d’émissions » et doivent, chaque année, présenter assez de quotas pour couvrir leurs émissions, faute de quoi elles se verront imposer à de fortes pénalités. Si leurs émissions ont dépassé la limite, elles peuvent acquérir des quotas sur le marché : il s’agit là de la partie trade.

Au contraire, le marché du charbon chinois n’impose pas de plafond mais repose sur un benchmark par type de combustible. Il établit une limite d’intensité carbone par unité d’électricité produite pour chaque site. Les sites qui seront en dessous de cette limite seront alors autorisés à vendre leurs permis sur le marché, quand les opérateurs qui les dépasseront devront en acheter.  Ces « intensités » ont fait l’objet d’un benchmark et diffèrent en fonction du type de combustible utilisé et du type d’installation. Le seuil est par exemple de 0,877 tonne de CO2 par MWh pour les installations à charbon conventionnel de plus de 300 MW, de 0,979 t/MWh pour les centrales à charbon conventionnel de moins de 300 MW, de 1,146 t/MWh pour celles au charbon non conventionnel et de 0,392 t/MWh pour les centrales à gaz naturel.