Le pacte mondial pour l'environnement mis à mal

Retour en arrière. Il y a presqu’un an jour pour jour, l’Assemblée générale des Nations unies avait adopté une résolution ouvrant la voie aux travaux d’un futur pacte mondial pour l’environnement. Adoptée à une très large majorité, la résolution avait également recueilli une centaine de parrainages de pays, témoignant de la forte adhésion à ce projet.

A sa suite, plus de cent juristes venus des 5 continents avaient publié une tribune demandant aux Nations unies de voter en faveur d’un nouveau traité international qui validerait « une nouvelle génération de principes fondamentaux : les droits et devoirs relatifs à la protection de l’environnement. » Il semblerait que leurs espoirs aient été douchés.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, à Nairobi, les quelque 120 pays réunis dans un groupe de travail mandaté par les Nations unies ont troqué le texte juridiquement contraignant contre une proposition d’adopter une simple déclaration politique et d’organiser une nouvelle conférence internationale dans trois ans. Les réticences des Etats-Unis et du Brésil y seraient pour beaucoup.

« C’est un échec complet des négociations sur le pacte mondial pour l’environnement. Le compromis trouvé vide le projet de sa substance », s’alarme Yann Aguila, avocat au barreau de Paris et l’un des principaux artisans du texte. « Une déclaration politique n’a qu’une valeur symbolique et non juridique ; elle n’est pas coercitive, contrairement à un traité. Par ailleurs, des déclarations sur l’environnement existent déjà : celle de Rio, adoptée en 1992, ou encore la Charte mondiale de la nature de 1982. »