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Les prix de référence des quotas de carbone européens ont dépassé lundi matin les 60 euros la tonne. Du jamais vu depuis le lancement du marché du carbone de l’Union européenne en 2005. Le contrat Déc- 2021 a même franchi la barre symbolique des 61 €/tonne. Depuis décembre dernier, les cours du CO2 ont ainsi gagné + 85 % !

Deux explications motivent principalement cette hausse : la politique environnementale européenne et l’explosion des prix du gaz.

L’action climatique UE pèse sur les prix du CO2

Bruxelles a annoncé vouloir réduire de 55% des émissions de gaz à effet de serre (GES) d’ici à 2030, contre 40% jusqu’à présent. Pour atteindre cet objectif, la Commission européenne a adopté courant juillet un paquet législatif ambitieux de 12 propositions, dorénavant connu sous l’appellation «Fit for 55». Les mesures sont contraignantes :  la réduction des GES de 55 %, la suppression progressive des exemptions accordées à l’aviation, l’intégration de l’industrie du transport maritime dans le système communautaire d’échange de quotas d’émission, la création d’un mécanisme dédié pour le transport routier et le chauffage des bâtiments, la mise en place d’un mécanisme d’ajustement carbone aux frontières, fin des voitures thermiques d’ici 2035…

Le marché a répercuté ces dispositions et les prix des quotas ont flambé.

Le prix du gaz en ligne de mire

Les cours du gaz connaissent une très forte hausse dans un contexte de demande accrue et de réserves européennes faibles :  les prix du gaz ont progressé de plus de 130 % depuis janvier !

Cette dynamique a rendu intéressant le recours au charbon dans la production d’électricité. Or les centrales à charbon sont extrêmement polluantes : la demande de quotas carbone s’en trouve mécaniquement augmentée ! Par ailleurs, la période de vacances estivale a fortement ralenti la mise sur le marché de quotas de CO2 : l’offre étant réduite, les prix grimpent.

Des conséquences immédiates sur le prix de l’électricité

Sur la courbe long terme, l’électricité répercute l’envolée des prix du  gaz et du carbone. Pour mémoire, le prix du CO2 influe en effet directement les prix de l’électron en ce que son coût se répercute sur le cout de fonctionnement des centrales thermiques qui sont appelées en période de pointe de consommation d’électricité.

Or, « Si les prix se maintiennent au niveau actuel, on pourrait avoir une hausse du tarif réglementé de l’électricité de 8 % à 10 % au 1er février prochain » alerte ainsi Julien Teddé dans les Echos.