centrales nucleaires qui fument

Entendu devant la Commission des affaires économiques du Sénat, Jean-Bernard Lévy, PDG d’EDF, est monté au créneau pour défendre le projet « Hercule ».

Pour Lévy, seul Hercule permettra à EDF de recouvrer sa place d’énergéticien leader

Il juge en effet « nécessaire » la réorganisation de l’Electricien, tout en assurant qu’EDF doit rester « un groupe public intégré ».

« Cette réforme Hercule est nécessaire parce que notre développement, notre croissance, nos investissements sont gravement entravés par le niveau de la dette que nous avons accumulée depuis des années, du fait de la régulation que nous appelons l’Arenh ». L’Arenh est un « poison » qui a conduit au surendettement d’EDF : sa suppression est « l’objectif numéro 1 de la réforme » développe encore Jean-Bernard Lévy.

« Sans réforme, nous sommes menacés de devenir un énergéticien de seconde zone. Nous avons été dégradés cinq fois par les agences de notation ces dernières années » alerte-t-il, pointant l’urgence de choisir entre « garder le statu quo et continuer à vendre les joyaux de la couronne » ou donner le go à Hercule, « un projet de développement » et « la meilleure des solutions qu’on ait trouvée pour respecter les contraintes européennes ».

Le projet Hercule doit aussi donner au groupe les moyens de se développer, notamment dans la transition énergétique. EDF vise aujourd’hui 50 gigawatts (GW) de capacités renouvelables à l’horizon 2030 mais pourrait, si la réforme est avérée « viser un doublement » à 100 GW. « On essaie de faire en sorte qu’EDF puisse revenir dans le peloton de tête des énergéticiens européens » explique Jean-Bernard Lévy.

A l’instar de Barbara Pompili, Jean-Bernard Levy a lui aussi reconnu que les négociations sont « difficiles » avec Bruxelles ; en revanche il a botté en touche lorsqu’il a été questionné sur un éventuel plan B.  « Le président m’a demandé de préparer la réforme de l’ARENH et la construction de six nouveaux EPR », a-t-il préféré répondre.

« Hercule ne passera pas l’hiver » lancent les syndicats

« Hercule ne passera pas l’hiver » ont scandé les syndicats mobilisés ce mercredi devant l’Assemblée nationale, juste avant l’audition du Jean-Bernard Lévy.

Il s’agit de la 5e journée de grève à l’appel de l’interfédérale CGT, CFE-CGC, CFDT, FO depuis le 26 novembre, la 2e en 2021. La direction, qui a décompté à chaque fois plus d’un agent sur quatre en grève, a fait état de 17% de grévistes à la mi-journée.

Et la mobilisation dépasse les seuls mouvements de grève…

A la suite de l’ancien ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot, qui demandait vendredi dans Le Monde le retrait d’Hercule, un collectif de cinquante personnalités, dont d’anciens dirigeants d’EDF, ainsi que Laurent Berger (CFDT) et Eric Piolle (EELV), ont signé une tribune dans le même journal paru ce jour.

« Actuellement en négociation avec la Commission européenne, le projet « Hercule » du gouvernement français est l’acte final d’un long démantèlement du service public de l’énergie en faveur du secteur privé. Hache à la main, « Hercule » s’apprête à découper Electricité de France au détriment de ce que l’entreprise apporte au pays depuis soixante-quinze ans. » arguent-ils

« Nous (…) appelons le président de la République à renoncer au projet Hercule, et le Parlement à dresser le bilan de vingt ans de libéralisation afin de reprendre la maîtrise publique du secteur de l’énergie » demandent, entre autres, les co-signataires.