reforme hercule pourparlers

Selon la CGT, qui a rencontré lundi la direction générale de la concurrence de l’exécutif européen, Paris et Bruxelles ne trouveraient toujours pas de compromis sur des points « majeurs » de la réorganisation d’EDF. En parallèle, la Commission de régulation de l’énergie a pris la parole pour approuver la réforme telle qu’elle est portée par le projet Hercule.

A Bruxelles, les discussions autour d’Hercule continuent

« Il nous a été précisé que les négociations ont avancé, qu’ils auraient fait le plus gros mais qu’il reste des sujets majeurs à discuter et notamment les gouvernances – de Vert et de Bleu, qui seraient totalement indépendantes – et le montant de l’Arenh », a ainsi explique mercredi Sébastien Ménesplier, secrétaire général de la Fédération Mines et Énergie de la CGT, lors d’une réunion entre parlementaires et syndicats.

Au média Montel, Ménesplier a encore déclaré que « Les discussions pourraient aboutir à une fin de non-recevoir de la part d’EDF ou de la Commission et les négociations prendraient alors fin », avant d’ajouter que « EDF serait notamment réfractaire à vendre 100% de sa production d’électricité à un prix fixe, comme le souhaite la Commission et souhaiterait monnayer sa production d’hydroélectricité selon les fluctuations du marché ».

La Commission de régulation de l’énergie en faveur de la réforme

Le 18 janvier lors d’un point presse, Jean-François Carenco, président de la CRE s’est prononcé en faveur du projet Hercule, estimant que  « la stabilité du système énergétique est servie » par ce projet de réorganisation d’EDF « tel qu’il est ». A savoir une possible séparation des activités de l’énergéticien, avec le nucléaire et les barrages détenus à 100 % par l’État et les activités commerciales et les énergies renouvelables ouvertes en partie aux capitaux privés, le tout réuni sous une holding publique.

Selon lui, « c’est la préservation du nucléaire, la préservation de l’hydraulique, la capacité d’aller chercher des investisseurs [pour les autres activités], tout en gardant la propriété sur l’ensemble ». Quant aux discussions en cours avec Bruxelles sur le prix de l’accès régulé au nucléaire historique, Jean-François Carenco soutient un prix de 48 €/MWh, contre 42 € actuellement.

Les syndicats passent de la parole aux actes

Du côté des syndicats, la réforme est toujours loin de faire consensus. Largement décrié dans les rangs syndicalistes, et même politiques, le projet Hercule a mobilisé plus d’un agent sur quatre (28 %, selon la direction d’EDF) ce mardi 19 janvier dans un mouvement de grève nationale. Geste symbolique s’il en est, 200 militants CGT ont déversé des compteurs Linky devant le 63 rue Sainte Anne, siège de La République en marche (LREM) à Paris.