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Entre la reprise de l’activité économique notamment en Europe, la reconstitution des stocks de gaz et les conflits géopolitiques, le prix du gaz semble poursuivre une trajectoire discontinue à la hausse. Il ne s’agit pourtant pas de la seule énergie à subir une inflation galopante, ces derniers mois ayant vu les prix de toutes les énergies monter en flèche.

Quel est l’impact de la hausse des prix de l’énergie pour les artisans et les entreprises ?

Les entreprises sont les premières victimes de cette hausse du coût de l’énergie en France et sur le marché européen. Si les principales causes de cette flambée de prix sont nombreuses et bien connues, les effets sur les acteurs les plus vulnérables peuvent se révéler particulièrement inquiétants, notamment pour les petites entreprises. Voici tout ce qu’il faut savoir sur l’impact de la hausse des prix de l’énergie sur les artisans et les entreprises.

Les principales raisons de la hausse des prix de l’énergie

Au premier semestre 2021, la demande de gaz a fortement augmenté en France et en Europe. Cette reprise économique mondiale après la crise sanitaire a stimulé la demande pour une offre qui reste pourtant limitée. C’est là l’une des principales raisons expliquant l’envol des prix des cours des ressources énergétiques.

La hausse vertigineuse des prix du gaz ainsi que l’augmentation du prix de l’électricité sont par ailleurs liées à une conjonction de facteurs concomitants allant de la hausse de la consommation d’énergie en hiver, aux goulots d’étranglement dûs à la reprise brusque de l’activité en Europe en passant par les incertitudes d’approvisionnement liées aux tensions géopolitiques.

Selon les chiffres officiels, la demande enregistrée au 1er semestre était déjà supérieure de 3 % à son niveau d’avant crise alors que dans le même temps, l’hiver 2021 a été particulièrement rigoureux en Europe. Ce processus a engendré un épuisement rapide des stocks alors même que les stocks européens de gaz naturel étaient en moyenne déjà inférieurs de 25 %, entre février et août 2021 par rapport aux stocks sur la même période en 2019.

L’augmentation du prix du bois, si elle était plus modérée, a néanmoins également pesé sur le budget des entreprises et notamment des artisans, pour qui il s’agit d’un matériau particulièrement utilisé. La reconstitution des stocks depuis la fin du printemps a certainement également accentué les pressions sur le prix du gaz provoquant dans le même temps une répercussion directe sur le prix de l’électricité.

Faire des économies d’énergie s’est donc révélée être la seule solution pour limiter le coût inhérent à cette hausse des prix généralisée de l’énergie.

Les principaux secteurs concernés par la hausse des prix de l’énergie

Inévitablement, l’augmentation des tarifs du gaz a grandement impacté les professionnels de nombreux secteurs et particulièrement les petites entreprises n’ayant pas toujours les moyens de supporter une telle hausse au niveau de leur coût de production. La métallurgie et la papeterie sont notamment les secteurs les plus touchés : ces industries sont en effet grosses consommatrices d’énergie.

Elles ont été frappées de plein fouet par le choc énergétique :  les coûts relatifs à la consommation d’électricité et de gaz dans la métallurgie représentent en effet 8 à 9 % des consommations intermédiaires (contre 2,6 % pour le reste de l’industrie) et 5 à 7 % de la production (contre seulement 1,9 % pour le reste de l’industrie).

Compte tenu de l’actualité des marchés, un surplus de dépenses conséquent est à attendre pour ces entreprises et donc a fortiori une augmentation du prix des produits finis et/ou un rognage de la marge nette.

En octobre 2021, les prix des produits finis ont ainsi augmenté de 29 % dans la métallurgie, de 19 % dans la chimie et de 12 % pour la papèterie. Des hausses qui pèsent sur la compétitivité des entreprises et la préservation de leurs parts de marché.

Des travaux de rénovation et d’aménagement pour faire des économies

Les particuliers sont loin d’être épargnés par la hausse des prix de l’énergie et des matières premières. Un des leviers à activer pour pallier les augmentations à venir réside dans l’efficacité énergétique. L’installation d’équipements plus pointus et de travaux de rénovation plus importants permettent en effet de faire des économies d’énergie sur le long terme. Ils constituent à ce titre, des investissements rentables, notamment dans la perspective d’une augmentation continue des prix des sources d’énergie. On peut penser notamment :

  • Aux travaux d’isolation de la toiture, responsables de 30% des déperditions de chaleur dans la maison avec notamment un aménagement des combles.
  • Aux travaux d’isolation des ouvertures et notamment des fenêtres et des murs (isolation par l’extérieur) qui permettent de mettre fin aux ponts thermiques, de maintenir une température homogène dans les pièces et qui diminueront mécaniquement les besoins en chauffage.
  • Au remplacement d’un ancien système de chauffage peu performant et énergivore (vieille chaudière) par un équipement plus sophistiqué (chauffage à condensation) ou utilisant des énergies renouvelables (pompe à chaleur air-eau, chauffage solaire). Le remplacement d’un équipement de chauffage nécessite au préalable la réalisation de travaux d’isolation pour en maximiser les bénéfices.
  • Au remplacement des ouvertures trop poreuses aux aléas climatiques (froid, vent, gel) et donc à l’installation de double vitrage au niveau des fenêtres et porte-fenêtre.

Ces travaux de rénovation énergétique permettent de réaliser des économies énergétiques globales dans le logement. Ils constituent un investissement rentable à plus ou moins long terme selon les solutions et apportent une plus-value conséquente à l’habitation en cas de revente potentielle. Le coût de ces travaux peut, de plus, être réduit de façon assez considérable sur certains travaux grâce aux différents dispositifs d’aides et de déductions fiscales mis en place par les pouvoirs publics tels que MaPrimeRenov, les subventions Anah, la Prime Énergie et les CEE, la TVA à 5,5% ou encore l’éco-prêt à taux zéro.