la france souhaiterait booster le développement des corporate ppa

Selon les Echos, les pouvoirs publics travailleraient à « la création d’un fonds de garantie public capable de sécuriser les développeurs [de projets d’énergie renouvelable] qui contractualiseraient en direct avec des entreprises. »

Développer l’approvisionnement en énergie verte

L’objectif ? Booster le développement des corporate PPA. Pour rappel, le corporate PPA (Power Purchase Agreement) désigne un contrat longue durée par lequel entre une entreprise ou une collectivité s’engage à acheter directement de l’électricité à un producteur d’énergie. Ce contrat contribue au développement de nouvelles capacités de production d’électricité renouvelable. Outre-atlantique, la pratique est très répandue, portée notamment par les très grandes entreprises, les GAFA en 1ère ligne. Et elle est de plus en plus présente en Europe… sauf en France.

Dans l’Hexagone, les producteurs semblent en effet privilégier les appels d’offres publics et se positionnent rarement sur les appels d’offres privés.

Des freins identifiés pour le développement des PPA

« Lorsqu’un acteur privé propose le même tarif d’achat des électrons verts produits que l’Etat, le producteur préfère l’Etat dont la signature offre une garantie plus élevée et donc un coût de financement plus bas », explique aux Echos une source au ministère de l’Economie qui dénonce un « effet d’éviction du soutien public vis-à-vis des projets privés ».

« Sous certaines conditions, ce fonds couvrirait une partie du risque de défaillance de l’entreprise signataire du contrat d’approvisionnement à long terme » rapporte les Echos.

L’Etat assurerait ainsi le versement d’une prime de risque mais ne garantirait plus un prix de rachat fixe de l’électricité produite par ces nouvelles centrales.

Cependant, seules certaines entreprises pourraient se prévaloir de ce fonds de garantie auprès des producteurs. Son bénéfice serait restreint au seul périmètre des grands consommateurs d’électricité, ces industriels pour lesquels la facture d’électricité est un critère déterminant de compétitivité. Pour certains industriels, la facture d’électricité peut en effet représenter entre 10 à 20 % des coûts de production, voire jusqu’à 80 % dans les cas d’entreprises hyper-intensives.

Du côté des développeurs de projets renouvelables, l’on préférait que ce fonds de garanti puisse toucher tous les types d’entreprises. « Les électro-intensifs sont des acteurs très exposés à la concurrence internationale. Pour assurer la solidité du dispositif, il faut assurer une large dispersion des risques » explique le délégué général du syndicat des énergies renouvelables, Alexandre Roesch.

Quoi qu’il en soit, il est certain que la création de ce dispositif doit intégrer les attentes des différents partis, porteurs de projets EnR et acteurs économiques privés. Les besoins de ces derniers sont d’autant plus à considérer que, si les rumeurs sur la réforme de l’ARENH s’avèrent fondées, de nombreuses entreprises françaises se trouveraient privées de l’avantage compétitif du nucléaire historique.