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Le Kremlin a assuré vendredi que les livraisons de gaz russe à l’Europe ne seraient pas suspendues, malgré les menaces de la Biélorussie de fermer les vannes du gazoduc Yamal-Europe transitant sur son sol. La Russie «est et restera un pays qui remplit toutes ses obligations de livraison de gaz aux consommateurs européens», a déclaré le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov.

Le gaz, nouvelle arme politique

Les tensions entre Bruxelles et Minsk sont en effet des plus vives. Depuis des semaines, l’Europe accuse le président biélorusse Alexandre Loukachenko d’alimenter la crise migratoire aux frontières entre la Biélorussie et la Pologne, en octroyant des visas et en affrétant des vols depuis la Turquie.

Une réaction aux diverses sanctions occidentales appliquées depuis 2020, suite aux violentes répressions des opposants du régime.

Pour rappel, les manifestations s’enchainent depuis le 9 Août 2020 à l’encontre du président Loukachenko suspecté de fraude électorale.

« Nous chauffons l’Europe et ils menacent de fermer la frontière. Et qu’est-ce qui se passerait si nous coupions le gaz naturel qui va là-bas? Je conseillerais donc aux dirigeants polonais, aux Lituaniens et aux autres écervelés de réfléchir avant de parler » a ainsi déclaré jeudi 11 novembre président biélorusse.

Une déclaration qui pèse, à l’heure où le Vieux Continent est confronté à une crise énergétique sans précédent.

Une menace dont les conséquences sont à relativiser

Le gazoduc Yamal-Europe permet au géant russe Gazprom de livrer d’importantes quantités de gaz venues de la péninsule de Yamal, dans l’Arctique, à la Pologne et à l’Allemagne. Cependant, sa coupure n’aurait pas de réelles incidences : « La Russie envoie annuellement entre 150 et 200 milliards de mètres cubes de gaz vers l’Union européenne, et la (Belarus) ne représente que 30 à 40 milliards », résume pour l’AFP Nicolas Mazzucchi, chercheur à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS) et spécialiste en énergie.

Par ailleurs, depuis les guerres gazières russo-ukrainiennes, la Russie a fait en sorte de pouvoir fournir du gaz en contournant l’Ukraine. Les tracés de  NordStream et TurkStream ne transitent ainsi pas par Kiev. Ni par la Biélorussie. C’est également le cas de NordStream 2, dont l’entrée en fonction approche.

«  Après, là où il peut y avoir un impact, c’est sur le prix du gaz: comme toutes les énergies, il est sensible aux effets géopolitiques. Si on crée une incertitude sur les marchés, ça renchérit potentiellement les prix. Mais très rapidement les marchés vont aussi se rendre compte qu’il n’y a pas vraiment de risques sur les approvisionnements, les prix vont certes monter mais rester relativement contenus », selon M. Mazzucchi.