Comment choisir son fournisseur d'énergie ? Quelles sont les bonnes questions à se poser ? Quelques conseils dédiés aux PME.
Quel fournisseur d'énergie pour une PME ?

Les PME face aux choix d’une fournisseur d’énergie : un vrai enjeu financier

Le coût de l’énergie représente bien souvent une part très significative du budget global d’une PME. Les dépenses liées au chauffage, à la climatisation et à la ventilation y sont pour beaucoup, impactant de 10 à 50 % d’u budget énergétique d’une PME, selon le secteur d’activité concerné. L’éclairage occupe la deuxième place du podium, avec ses 15 % environ de la facture totale.

Une gestion adéquate et une meilleure maîtrise des dépenses énergie ne peuvent donc que permettre de substantielles économies. Malgré la possibilité de marges de progression conséquentes, trop nombreuses sont encore les PME à ne pas repenser leurs contrats de gaz ou d’électricité, ne sachant finalement quelle offre d’énergie souscrire. Une bonne raison pour tenter d’apporter des éléments de réponse et des clés permettant à une PME de se tourner vers l’opérateur d’énergie qui lui sera le plus avantageux !

Des offres d’énergie standardisées vs des offres sur mesure : comment une entreprise peut faire le tri ?

Suite au processus de libéralisation mis en œuvre au niveau européen depuis 1996, la France a ouvert ses marchés de l’énergie à la concurrence : depuis le 1 er juillet 2007, des fournisseurs dits alternatifs sont venus rejoindre les opérateurs historiques EDF et Engie.

Dans le même temps, la France a mis fin aux tarifs réglementés de gaz et d’électricité pour certains profils de consommateurs, dont les PME font partie.

Conséquence, les offres en gaz comme en électricité se sont multipliées, tant et si bien qu’un chef d’entreprise peut être perdu au moment de souscrire son abonnement énergie…

Vers quel opérateur d’énergie une PME dit-elle se tourner pour un contrat gaz ?

Selon le secteur d’activité de la PME, cette dernière sera dite petite ou moyenne consommatrice de gaz. Depuis le 1 Janvier 2015, les sites consommant plus de 200 000 kWh/an basculent automatiquement en offre de marché ; depuis le 1er janvier 2016, les sites consommant plus de 30 000 kWh/an sont eux aussi concernés. Résultat, seules les PME avec une consommation de gaz inférieure à 30 MWh par an sont encore concernées par les tarifs réglementés d’Engie. Les autres PME doivent impérativement choisir entre des :

  • Offres gaz à prix indexé : le prix du gaz évolue en suivant un indice de référence, précisé dans le contrat. Il peut par exemple être indexé sur les tarifs réglementés, sur le prix de gros du gaz naturel mais aussi sur le prix du fioul, du pétrole. Attention donc, à l’indice choisi, forcément cela impactera votre facture finale de gaz.
  • Offres gaz à prix fixe : le même prix du gaz HT est garanti toute la durée du contrat. Attention, il sera tout de même impacté par les évolutions des taxes, contributions et, bien souvent, des coûts liés à l’acheminement.

De nombreux fournisseurs alternatifs de gaz ont développé des offres adaptées aux problématiques particulières de ce type de professionnels qui représentent 99% des entreprises françaises (dont 94% sont des microentreprises) : Alpiq Energie France, Alterna, Antargaz, Axpo, Breizh Gaz, Direct Energie, Dyneff Gaz, EDF, EkWateur, Endesa Energia, Energies du Santerre, ENI, Enovos, Gas Natural Fenosa, Gaz Européen, Gazprom Energy, GEG Source d’Energies, Iberdrola, NATGAS France, PICOTY, SAVE, Sélia, Séolis, Solvay, UNIPER, Vattenfall.

Faites attention de ne pas choisir votre contrat en ne vous basant que sur le prix de l’énergie ! Les fournisseurs ont chacun leurs formulations et leur manière de présenter leurs offres. Par exemple, la composition de l’abonnement peut changer d’un fournisseur à l’autre, chez certains le prix de l’acheminement peut être fixe pendant toute la durée du contrat, chez d’autres sa stabilité ne sera pas garantie, les montants peuvent être exprimés aussi bien HT que TTC.  De même, les conditions de résiliation sont propres à chaque opérateur.

Vers quel opérateur d’énergie une PME dit-elle se tourner pour un contrat d’électricité ?

Globalement, en matière de consommation d’électricité, les PME présentent une puissance de compteur supérieure à 36 kVA. Cela implique qu’elles doivent nécessaire souscrire un contrat d’électricité en offre de marché.

  • Offres électricité à prix indexé :

Le prix de l’électricité est librement fixé par le fournisseur d’énergie et évolue selon un indice de référence et une périodicité indiquée dans le contrat. En électricité, le prix indexé suit généralement, à la hausse comme à la baisse, l’évolution du tarif réglementé.

  • Offres électricité à prix fixe :

Les fournisseurs d’électricité s’engagent à maintenir un prix de l’électricité fixe sur une période de consommation prédéfinie. Cette période peut être de 1,2, 3 ou même 4 ans, permettant ainsi aux consommateurs de lisser leur budget électricité sur plusieurs années.

Des offres dédiées à des profils plus consommateurs d’électricité sont aussi aujourd’hui disponibles auprès de fournisseurs tels que Alpiq Energie France, Alterna, Axpo ( pour les consommation >250 kVA), Direct Energie, Edenkia, Electricité de Savoie, Enalp, Energie d’ici, Energies du Santerre, Enercoop, Energem, Energies Libres, Enovos, ENGIE, GEG Sources d’Energies, Gedia, Hydronext, Hydroption, Iberdrolia, Lucia, Planète oui (pour les consommations comprises entre 36 et 250 kVA), Proxelia, Sélia, Solvay Energy Services, Total (pour les consommations comprises entre 36 et 250 kVA), Uniper et Vattenfall.

 

Attention, il faut rappeler que le prix de l’électricité qu’une PME va payer comprend :

  • La composante « énergie et fourniture » du prix, qui correspond à l’achat ou à la production d’électricité et à l’activité de détail, soit les coûts commerciaux liés à la vente d’énergie au consommateur final. En France, cette composante représente 36% du prix de l’électricité ;
  • La composante « acheminement » du prix, qui renvoie aux coûts de réseaux, soit les coûts des infrastructures de transport et de distribution relatifs à la maintenance et à l’extension des réseaux et aux services qui y sont liés. En France, cette composante représente 29% du prix de l’électricité ;
  • La composante « taxes et prélèvements », relevant de la fiscalité générale (TVA, accises) ou spécifiques au secteur de l’énergie ou du climat. En France, cette composante représente 35% du prix de l’électricité.

 

Au titre des offres de marché, les fournisseurs peuvent différencier le prix de leurs offres par l’optimisation des coûts d’achat ou de production d’électricité et des coûts commerciaux pour la fourniture d’électricité (la marge y compris). Les autres composantes du prix facturé aux consommateurs sont en revanche similaires quels que soient les fournisseurs et les types d’offres :  il s’agit des coûts imputables aux réseaux, qui, en France, correspondent au montant du tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité (TURPE), fixé par la CRE, ainsi que les taxes et contributions.

Relevons néanmoins qu’une variation de la part « énergie et fourniture » a un impact sur la part « taxes et prélèvements » (en particulier sur la TVA). Par ailleurs, l’accompagnement du consommateur par son fournisseur peut également permettre à ce dernier de diminuer la puissance souscrite, ce qui conduit à baisser la part « acheminement ».