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C’est à un véritable changement de paradigme qu’appelle l’Agence internationale de l’énergie (AIE) ; un changement à acter dès demain si le monde veut atteindre la neutralité carbone d’ici 2050.

Fin de l’exploration gazière et pétrolière

« Au-delà des projets déjà engagés en 2021, notre trajectoire ne prévoit aucun nouveau site pétrolier ou gazier approuvé à fins de développement » note l’AIE dans son dernier rapport. Et c’est « maintenant » que le monde doit renoncer à de nouveaux projets pétroliers et gazier, ainsi qu’aux nouvelles centrales à charbon qui n’intégreraient pas de système de captage et de stockage de CO2. Ainsi seulement peut-on espérer atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 et limiter le réchauffement climatique à 1,5 °.

« La baisse rapide de la demande de pétrole et de gaz naturel signifie qu’il n’y a pas d’exploration requise, et qu’aucun champ gazier et pétrolier nouveau n’est nécessaire au-delà de ceux déjà approuvés » estime l’AIE. D’ici 2030, il faudrait avoir installé quatre fois plus de capacités solaires et éoliennes que le niveau record enregistré en 2020 (630 gigawatts (GW) de solaire et 390 GW d’éolien) et ce chaque année.

Dans sa trajectoire idéale, le pétrole pourrait ainsi chuter de 75 % et le charbon de 90 % en 2050. A contrario, les énergies renouvelables produiraient 90 % de l’électricité mondiale contre 29 % aujourd’hui. L’éolien et le solaire pourraient fournir à eux seuls 70 % de l’électricité consommée dans le monde. Les 10 % restants seraient fournis par le nucléaire. Les ressources fossiles ne serviraient plus qu’à fournir 1/5ème de l’énergie (contre 4/5ème aujourd’hui), pour des usages bien spécifiques, tel le plastique.

Dans 30 ans, l’économie pourra également compter sur d’autres énergies, « les besoins en hydrogène devraient ainsi être multipliés par six ».

Booster l’efficacité énergétique

Intensifier les efforts d’économie d’énergie pourrait faire baisser la consommation globale d’énergie de près de 8 % dans le monde. L’AIE estime qu’il est nécessaire que l’efficacité énergétique marque une hausse de 4 % d’ici à 2030. Soit trois fois plus que le rythme moyen des 20 dernières années.  D’ici à 2040, 40% des bâtiments devront avoir subi une rénovation énergétique performante.

Ventes de voitures neuves thermiques : une fin demandée pour 2035

Si le chemin pour atteindre la neutralité carbone est « étroit », il est néanmoins « praticable ». Les ambitions de l’AIE requièrent cependant un véritable bouleversement du paysage énergétique, et ce dans toutes ses composantes. Elle demande ainsi l’extinction des ventes de voitures neuves à moteur à combustion. D’ici 2030, il faudrait que 60 % des voitures vendues dans le monde soient électriques contre 5 % aujourd’hui.

Des innovations et des investissements en masse

Ce scénario ne pourra voir le jour sans le déploiement massif des technologies décarbonées existantes, nucléaire y compris, ni sans l’accélération des innovations en matière d’énergie propre, tels que les batteries avancées, un hydrogène vert compétitif, ou encore des systèmes de captage et stockage de CO2. L’AIE estime que le rythme d’investissements annuel devra passer de 2000 mds de dollars aujourd’hui à 5000 mds en 2030.