favoriser le delestage des consommateurs de gaz

Les pouvoirs publics s’apprêtent à publier un décret favorisant le délestage. Interrogée par Les Echos, Laurence Poirier-Dietz, directrice générale de GRDF, explique l’importance de cette démarche.

Crise du gaz russe : il faut se préparer à tous les scénarios

Le gaz représente plus de 20 % du mix énergétique de l’Europe. 40 % des flux viennent de Russie. Compte tenu de la situation géopolitique actuelle, les Etats doivent se préparer à tous les scénarios, y compris à une rupture brutale de l’approvisionnement depuis Moscou.

C’est en tenant compte de ce dernier cas de figure que le gouvernement planche sur un décret sur le délestage, « un dispositif du dernier ressort » a expliqué le ministère de la Transition écologique à l’AFP.  « Le projet de décret vise à préciser l’organisation du délestage de la consommation de gaz naturel, c’est-à-dire la suppression momentanée et planifiée de la fourniture de gaz naturel à certains consommateurs ».

Le délestage, pour pallier l’interruption des importations de gaz russe

Les plus gros consommateurs de gaz sont bien sûr les grands industriels , directement raccordés à Teréga et GRTgaz. Cependant, nombre de clients de GRDF sont aussi concernés. Le distributeur peut déjà garantir que 1650 de ses clients sont délestables.

Ce chiffre est issu d’une enquête menée sur le sujet l’an dernier : ces  1650 clients ont indiqué pouvoir réduire une part ou la totalité leur besoin de gaz en moins de 2 heures sans impact significatif. Cela représente 66 GWh/j de consommation délestable.

130 d’entre eux ont des contrats interruptibles. Ils se portent volontaire pour réduire ou arrêter leur consommation en moins de 24 h, moyennant une contrepartie financière.

Quels types de consommateurs sont visés par le futur décret ?

Le décret à paraitre prévoit « un délestage en priorité des consommateurs les plus importants, consommant plus de 5 GWh/an, au nombre d’environ 5000 » : industriels et grands tertiaires, comme les centres commerciaux  par exemple note Les Echos.

Selon la directrice de GRDF, les sites assurant des missions d’intérêt général (écoles, hôpitaux, maisons de retraites…) ne sont pas concernés par la mesure, non plus que les particuliers.