Julien Marchal president solarhona

Présentée officiellement en mai 2022, Solarhona ne manque pas d’ambition puisque cette filiale de CNR entend « solariser la vallée du Rhône ». Julien Marchal, Directeur des Nouvelles Energies de CNR et Président de Solarhona, nous en dit plus.

Pouvez-vous nous présenter Solarhona ?

Solarhona vise le développement et l’exploitation de projets solaires sur les toitures et au sol dans la vallée du Rhône. Nous avons comme objectif de multiplier par 7 les capacités de production photovoltaïques de CNR dans la vallée du Rhône d’ici 2030. Plus largement, Solarhona s’inscrit dans la politique de diversification engagée par CNR depuis plus de 15 ans. 1er producteur français d’électricité 100 % renouvelable, CNR exploite ainsi 1 GW de capacités éoliennes et solaires, réparties sur l’ensemble de l’Hexagone.

Quelles sont les spécificités de votre démarche ?

Avec Solarhona, nous franchissons une étape supplémentaire, en répondant à deux demandes sociétales : tirer parti de l’artificialisation des sols et produire là où l’on consomme. Nous allons ainsi nous concentrer sur de petits projets photovoltaïques, tous situés dans la vallée du Rhône : les toitures des bâtiments supérieurs à 1 000 m2 (publics, industriels, agricoles), les ombrières sur parking et les petits projets au sol (friches industrielles, terrains dégradés) ou sur plans d’eau.

Comment intervenez-vous sur les projets ?

 Solarhona est à la fois développeur, constructeur et exploitant.

En tant que développeur, nous prenons en charge les études de faisabilité, d’impact environnemental, nous nous occupons des démarches administratives (octroi des autorisations, mais également lancement des enquêtes publiques et concertations…), des démarches techniques, tel que le raccordement au réseau électrique, jusqu’à la valorisation financière de l’électricité produite.

En tant que constructeur, nous suivons ensuite chaque étape du chantier en assurant la maitrise d’ouvrage et suivant le référentiel CNR. Enfin, nous gérons l’actif, durant toute son exploitation, y compris jusqu’à son démantèlement ou la prolongation de l’installation, et garantissons au propriétaire du site le versement d’un loyer.

In fine, nous sommes présents auprès du propriétaire du site de bout en bout du projet : cela s’inscrit dans l’approche partenariale que défend Solarhona.

Vous parlez d’une approche partenariale. Qu’est-ce que cela signifie ?

Solarhona s’appuie sur un modèle partenarial et redistributif en permettant aux entreprises, agriculteurs et collectivités, pour le compte desquels nous développons des projets solaires, de prendre part à la gouvernance et/ou au capital de ces projets. Ainsi nous permettons aux acteurs de devenir co-propriétaires de leur projet.

Quelles sont vos perspectives de développement ?

 En 15 ans, le prix des panneaux solaires a été divisé par 10 : le solaire s’est donc affranchi de la barrière prix et est devenu l’une des énergies les moins chères. La réglementation favorise également ce type de production électrique, une orientation qui va aller en s’accélérant si l’on veut relever le double défi de la transition énergétique et de la crise des prix de l’énergie.

Pour rappel, la loi dite « climat et résilience » de 2021 prévoit notamment l’installation obligatoire de panneaux solaires photovoltaïques ou de toits végétalisés lors de la construction, l’extension ou la rénovation lourde de tous les bâtiments à usage commercial, industriel ou artisanal de plus de 500 m² et de plus de 1 000 m² pour les immeubles de bureau. Or, cette obligation va être étendue, dès le 1er juillet 2023, aux surfaces commerciales dès 500 m² de création de surface ou de rénovations lourdes, mais aussi aux parkings extérieurs et aux immeubles de bureaux de plus de 1 000 m².

La demande existante est donc forte, d’autant que Solarhona bénéficie de l’image de CNR, acteur local reconnu, et acteur du temps long ce qui rassure aussi bien les propriétaires de sites que les investisseurs. Les chiffres sont parlants : Solarhona existe depuis un peu plus d’1 an, compte déjà 25 salariés (bientôt 30) et plus de 80 projets déjà engagés dans la vallée du Rhône !

On peut donc parler d’un véritable essor du solaire ?

C’est effectivement la conviction que nous avons. La crise actuelle pousse les acteurs économiques et publics à trouver des solutions pour faire baisser la facture : le solaire est l’une des réponses ! Le solaire participe également à la décarbonation de l’énergie et est un levier de l’électrification des usages, enjeu majeur de la politique énergétique française et européenne. Ce n’est pas anodin si Emmanuel Macron a annoncé une puissance solaire installée d’au moins 100 GW à l’horizon 2050 !

Quels défis Solarhona doit-elle relever ?

Les défis qui nous attendent sont ceux partagés par la filière solaire dans son ensemble. A très court terme, nous sommes confrontés à la hausse des prix, et donc de nos coûts d’équipements, ainsi qu’à la pénurie de matières premières, qui impacte la tenue des calendriers de livraison. A moyen et long terme, se pose la question de la souveraineté énergétique de la France et de l’Europe. Comment accélérer l’émergence d’acteurs industriels qui nous émancipent de notre dépendance à l’Asie, où sont fabriqués 80 % des panneaux solaires ? Nous devons faire en sorte que l’Europe maitrise de bout en bout la chaine de valeur du solaire, de l’approvisionnement en silicium à la fabrication de panneaux aux caractéristiques environnementales exigeantes. Ainsi pourrons-nous développer une filière solaire puissante.