Pouvez-vous vous présenter en préambule ?

Nous sommes deux co-fondateurs LOWIT, Julien Gallois, Directeur Technique et Produit et moi-même Thomas Lagier, Directeur Général.

Julien Gallois avec son parcours d’entrepreneur à une réelle connaissance du monde du numérique et des données. Il a accompagné des sociétés d’édition de logiciel en forte croissance.

De mon côté, après l’ADEME, j’ai rejoint Veolia en tant que Directeur de Département R&D (6 ans) et Directeur de l’innovation (5 ans) puis j’ai entrepris en 2014 en co-fondant ForCity, un simcity professionnel pour les gestionnaires de territoire, puis de nouveau en 2019 avec le Start up Studio Solyft (cofondé avec Julien) et en 2020 avec LOWIT.

Ensemble nous sommes convaincus que le digital et les nouvelles technologies vont bouleverser la façon de penser et d’agir dans le domaine de la transition énergétique. Nous nous sommes associés en 2020 pour créer LOWIT.

Racontez-nous la genèse de LOWIT et ce qui a motivé sa création ?

La genèse LOWIT est partie d’un constat aujourd’hui au cœur de l’actualité : le besoin de massifier la transition énergétique des bâtiments tertiaires.

LOWITt a ainsi développé un outil numérique puissant pour relever deux défis primordiaux :

1 – Massifier les audits énergétiques, car les méthodes traditionnelles n’ont pas la capacité de répondre aux enjeux du Décret Tertiaire, qui implique d’auditer 3,2 millions de bâtiments en France.

2 – Optimiser et piloter les stratégies sur le long terme pour optimiser les coûts d’investissement, car avec un coût moyen de la rénovation énergétique estimé à 350 €/m², il est décisif de permettre à nos clients d’améliorer au maximum leurs retours sur investissement. Or les critères de décisions changent vite, ils sont directement impactés par des facteurs volatils comme le prix des travaux et de l’énergie ainsi que par les aides et politiques publiques. Il faut donc pouvoir prendre des décisions très vite de manière intelligentes et réfléchies.

Devant l’absence de solutions robustes répondant directement à ces besoins, nous avons créé LOWIT, solution digitale pour auditer, piloter et optimiser les investissements en matière d’économies d’énergie des bâtiments tertiaires.

Qu’est-ce qui, dans son business model, différencie votre structure de celle d’autres acteurs de la transition énergétique ?

Nous utilisons le numérique au service de la transition énergétique.
LOWIT permet une approche complète et cohérente de la transition énergétique d’un patrimoine tertiaire. Plutôt que de réaliser des études ponctuelles (audits énergétiques), nous créons des jumeaux numériques énergétiques des bâtiments.

Nous pouvons tester des centaines de scénarios de transition énergétique, tenir compte des contraintes, des leviers et donner au bailleur une vision globale à la fois technique (quelles actions mettre en œuvre en priorité) et économique (coût complet, temps de retour sur investissement, prise en compte des aides & subventions et des économies d’énergies réalisées).

Notre positionnement, c’est d’être le « bras droit » de notre client dans la transition énergétique de son patrimoine en lui permettant d’optimiser ses investissements, de faire des choix réfléchis et de suivre dans le temps les résultats de ses actions.

Quelles sont vos typologies de clients aujourd’hui et ceux que vous souhaitez adresser davantage ?  Quelles sont les principales motivations de vos clients ?

Nous travaillons exclusivement sur le secteur du bâtiment tertiaire à la fois pour le public (48 % du marché) ainsi que pour le privé (52 % du marché).

Nos clients ont des enjeux très forts, qui sont au nombre de 3 :

  • Un enjeu réglementaire: avec le fameux Décret Tertiaire qui impose de réduire de – 40% les consommations énergétiques de 65% des bâtiments en France à l’horizon 2030, dans 7 ans.
  • Un enjeu économique: la flambée des prix des énergies a fait prendre conscience de la nécessité d’agir dans le temps pour réduire durablement ses consommations énergétiques et ses émissions de GES.
  • Un enjeu sociétal : la question de l’impact énergétique des activités comme la RSE, la qualité de vie au travail, le dérèglement climatique, préoccupe de plus en plus les citoyens et les poussent à agir.

Quels sont vos objectifs à court/moyen et à long termes ? Autrement dit, quelles sont vos perspectives de développement ?

Ce qui motive tous les collaborateurs de Lowit à se lever le matin, c’est la certitude de contribuer concrètement et efficacement à la transition énergétique des bâtiments tertiaires.

La vision que nous portons est qu’un outil numérique puissant comme Lowit va permettre la massification de la transition énergétique. C’est-à-dire de changer d’échelle et de démultiplier la vitesse entre le diagnostic (audit énergétique) et le moment ou le bâtiment consomme effectivement moins d’énergie.

C’est ce qui nous anime et va encore nous animer pendant des années au vu des objectifs ambitieux qui nous entraînent vers la sobriété énergétique.

Plus spécifiquement, que pensez-vous de la politique française de soutien à la rénovation ? Va-t-elle assez loin pour des spécialistes comme vous ? Et comment vous inscrivez-vous dans le contexte ?

Je pense que la France et l’Europe ont été longtemps naïves, nos dépendances énergétiques nous coûtent cher et nous avons jusqu’ici fait des choix court-termistes.

La prise de conscience actuelle crée un véritable électrochoc, la renationalisation de EDF en France et de son équivalent en Allemagne démontre à quel point l’énergie et cruciale pour nos sociétés.

La France et l’Europe ont une véritable opportunité pour inventer des modèles de sociétés plus durables, les populations sont sensibilisées à ces sujets et ont envie d’agir, des PME comme Lowit apporte des solutions concrètes et puissantes, l’innovation apporte tous les jours de nouvelles solutions.

Nous devons investir massivement dans une transition énergétique ambitieuse pour construire un environnement économique plus durable et plus résilient.