crise energie europe

Les tensions entre l’Ukraine et la Russie font le lit de l’inflation

Nouvelle étape dans le conflit russo-ukrainien.
Kiev a annoncé avoir porté plainte contre Gazprom auprès de la Commission européenne. L’Ukraine accuse le géant gazier russe de « créer un manque artificiel de gaz » en Europe ayant entraîné une flambée historique des prix, rapporte l’AFP.
Dans un communiqué, le groupe énergétique ukrainien Naftogaz pointe ainsi les actes « anticoncurrentiels » de Gazprom.

Selon Naftogaz, le gazier russe a « brusquement réduit la vente de son gaz sur le marché européen au comptant » tout en « bloquant » la fourniture de gaz d’autres groupes russes, afin de « créer un manque artificiel de gaz ». Il s’agit d’une « violation directe de la législation anti-monopole européenne » dénonce Iouri Vitrenko, PDG de Naftogaz.
L’objectif recherché par la Russie serait de faire pression sur l’Europe afin que son gazoduc Nord Stream 2 soit mis en service le plus rapidement possible.
Certains analystes ont déjà avancé l’hypothèse que la Russie puisse restreindre son offre alors que les stockages européens sont bas et que les prix du gaz ne cessent de battre des records afin d’accélérer la certification de Nord Stream 2.
La Russie dément l’ensemble de ces accusations. Le Kremlin déplore au contraire subir la contrainte de l’OTAN, qui se range aux côtés de l’Ukraine.

Energie : où s’arrêtera l’envolée des prix ?

Face à la flambée des prix de l’énergie, aggravée par les annonces d’EDF à propos des centrales de Civaux et Chooz et de l’IRSN concernant la mise à l’arrêt potentielle de nouvelles centrales, le CLEEE a appelé à suspendre les marchés à terme de l’électricité. L’association de grands consommateurs d’électricité exhorte le gouvernement à « suspendre immédiatement les cotations sur les marchés à terme et à mettre en place en urgence un prix administré, en attendant le retour à un contexte de marché plus stable ». Elle rappelle ainsi que le 16 décembre le Cal-22 a enregistré une hausse de 30 % en une seule journée, atteignant le seuil historique de 300 €/MWh. Depuis, le Cal-22 a atteint 400 €/MWh.

Du côté du gaz, la situation n’est guère plus réjouissante. Depuis début décembre, le Cal-22 gaz a enregistré une augmentation de + 140 %. Une situation inédite.