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De nouveaux retards pour l’EPR de Flamanville

La mise en service de l’EPR de Flamanville est encore repoussée. « La date de chargement du combustible est décalée de fin 2022 au second trimestre 2023. L’estimation du coût à terminaison passe de 12,4 milliards d’euros à 12,7 milliards », indique le groupe EDF dans un communiqué publié ce jour. Un nouveau report pour le réacteur nouvelle génération, dont la mise en service initiale devait être en 2012.

EDF se serait sûrement bien passé de cette communication, quelques jours après avoir annoncé le prolongement de l’arrêt du réacteur n° 2 de la centrale de Chooz jusqu’en avril..

Une disponibilité du parc nucléaire qui inquiète

Aujourd’hui, 10 réacteurs sont donc à l’arrêt, dont 4 parmi les plus puissants et les plus récents du parc français.

Cette indisponibilité n’aurait su tomber plus mal, puisqu’elle prive la France de près de 10% de sa capacité nucléaire au moment où elle a le plus besoin d’électricité. Le 30 décembre dernier, RTE avait déjà alerté sur les tensions d’approvisionnement pour janvier et février, en raison notamment d’une disponibilité du parc nucléaire « en deçà des minima historiques ». La pandémie a en effet perturbé la gestion du parc de production nucléaire avec, pour conséquence, des effets en cascade sur les programmes de maintenance.

Le gouvernement se voit ainsi dans l’obligation de renforcer le recours aux deux centrales à charbon encore en activité dans l’Hexagone : un projet de décret est en cours d’examen.

Une facture d’électricité qui risque de flamber

La situation est d’autant plus préoccupante que les prix de l’électricité continuent de s’envoler. A ce titre, le gouvernement réfléchit aux moyens supplémentaires à mettre en œuvre pour limiter la hausse des prix de l’électricité à 4 % comme promis.

La seule baisse de la CSPE ne sera  pas suffisante pour contrer, notamment, une augmentation du tarif réglementé de l’électricité qui pourrait finalement être de l’ordre de 40 %, vs les + 12 % initialement estimés en septembre.

Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a annoncé ce lundi 10 janvier 2022 sur LCI qu’une solution technique sera trouvée « d’ici la fin de la semaine ». Cette solution passerait par l’ARENH (Accès régulé à l’énergie nucléaire historique). Son plafond pourrait être remonté de 100 à 130 TWh (possiblement en avril 2022) et son prix serait relevé également (en coulisses, on évoque un prix aux alentours de 46 €/MWh). Une relance des contrats de long terme entre EDF et les industriels serait aussi sur la table.