hausse interruptibilite industriels 2022

A situation inédite, mesures inédites. RTE a ainsi demandé à la CRE de pouvoir adapter les conditions de recours à l’interruptibilité. En effet, « En raison d’une disponibilité exceptionnellement basse pour une période hivernale du parc de production français en ce début d’année 2022, les risques de défaillance du système électrique sont accrus. » commente la CRE.

Recourir davantage à l’interruptibilité en 2022

RTE propose tout d’abord d’augmenter le nombre maximum d’activations annuel, en le passant de 5 à 10 « afin de limiter le risque de recours au délestage et d’assurer la disponibilité du service de participation active de la demande tout au long de l’année ».

Moduler la puissance interruptible

RTE souhaite également revoir la puissance interruptible qui avait été contractuellement définie.

En raison d’un marché de l’électricité particulièrement tendu, certains sites industriels ont en effet revu à la baisse leurs prévisions de consommation au premier trimestre 2022, « ce qui est susceptible de réduire leur puissance interruptible disponible ». Or, cette situation pourrait les conduire à être estimés défaillants et à se voir « appliquer des pénalités importantes ».

RTE demande donc la  possibilité de réduire exceptionnellement la puissance interruptible disponible des sites le souhaitant, « en respectant néanmoins la puissance interruptible minimale nécessaire pour participer au dispositif et en préservant son efficacité ».

La CRE approuvant la proposition, RTE pourra donc proposer des avenants aux contrat d’interruptibilité aux sites concernés.

Des mesures qui auraient pu être anticipées

Si cette décision est saluée par les acteurs du secteur, plusieurs regrettent qu’elle n’ait cependant pas été prise plus tôt. C’est par exemple le cas de Natacha Hakwik, directrice générale de l’opérateur Eqinov et nouvelle présidente du collectif Luciole. Interviewée par le média spécialisée GreenUnivers, elle appelle ainsi à compter davantage sur la flexibilité. « Nous sommes agacés de constater que RTE a obtenu l’augmentation du nombre d’heures de fonctionnement des centrales à charbon alors que de nombreux sites industriels s’arrêtent pour faire face à la hausse des prix de l’énergie et ont donc de la flexibilité. On préfère payer plus de 200 M€ – au prix actuel du MWh sur le marché spot, NDLR – à deux centrales à charbon plutôt que verser une prime financière aux industriels pour qu’ils valorisent leurs flexibilités pour quelques dizaines de millions d’euros », regrette-t-elle.