EDF sommé de réagir suite à audit EPR

Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire enjoint EDF de mettre en place un « plan d’action » d’ici un mois pour remettre la filière nucléaire aux « meilleurs niveaux d’exigence ». Ce plan devra être présenté au conseil d’administration du groupe, puis « validé par l’Etat », avant un point d’étape « fin 2020 » sur sa mise en œuvre, « afin de préparer les décisions du président de la République sur le nouveau nucléaire » a précisé le ministre.

Cette déclaration fait suite à la présentation ce jour du rapport Folz, audit sur les difficultés et les retards accumulés pour la construction de l’EPR de Flamanville. Qualifiant le chantier d’«échec pour toute la filière électro-nucléaire française », Bruno Le Maire estime qu’il est nécessaire d’« en tirer les leçons et conséquences. »

Lancée en 2006, la construction à Flamanville du premier réacteur français de troisième génération a cumulé retards et frais inopinés. Alors qu’il devait entrer en service en 2012 pour un coût de 3,3 milliards d’euros, son démarrage est désormais prévu fin 2022 pour un coût réévalué à 12,4 milliards d’euros. Pour autant, le rapport Folz reconnait que l’EPR a clairement «démontré la pertinence » de sa conception comme de son design. Pour redresser la qualité industrielle de la filière du nucléaire, le rapport suggère que la solution se trouverait, entre autres, du côté de l’Etat qui devrait afficher « des programmes stables » à long terme de construction de nouveaux réacteurs et d’entretien du parc existant.