la reforme d'EDF pourrait passer avant les prochaine présidentielles

Selon une dépêche Reuters, parue hier 17 mars en fin de journée « Le gouvernement français souhaite un examen d’ici l’automne par le Parlement d’un éventuel projet de loi sur une réforme d’EDF en vue d’une mise en oeuvre avant l’élection présidentielle de 2022 ».

Réforme EDF : un texte soumis au Parlement dès la fin de l’été 2021

Cette déclaration à l’agence de presse a été faite par Matignon, à l’issue d’une réunion avec des députés de l’opposition sur le sujet. Adrien Quatennens (La France insoumise), Marie-Noëlle Battistel (Parti socialiste), Sébastien Jumel (Parti communiste), Julien Aubert (Les Républicains) et Sébastien Menesplier (CGT) étaient présents.

Certains d’entre eux ont d’ailleurs, dans la foulée, attesté de la volonté qu’ont les pouvoirs publics d’avancer rapidement sur le sujet. « Si ça peut se faire, ça se fera très vite, sans doute d’ici l’été » a expliqué le député Les Républicains Julien Aubert.

Interrogé par Reuters « Matignon a confirmé cette fenêtre de tir, expliquant que l’agenda parlementaire était plein d’ici juin, et que l’automne serait consacré au Projet de loi de finances pour 2022. » Déjà, il y a quelques jours, des sources avaient déclaré à Reuters que les pourparlers entre Paris et Bruxelles étaient entrés dans une phase décisive, avec la fin du mois de mars comme date limite pour aboutir, ou non, à un accord.

Mais ce calendrier serré ne fait pas consensus.

L’accélération du projet HERCULE est sujette à controverse

« Ils disent que d’ici quelques semaines ils auront finalisé l’accord, qui ne l’est pas encore. Et que la seule fenêtre de consultation du Parlement c’est entre l’été et l’automne, octobre », a ainsi rapporté le député communiste Sébastien Jumel, qui a tenu à rappeler ses divergences de point de vue et quant au projet Hercule et quant « à l’examen d’un texte d’une telle importance au coeur de l’été ».

Le projet de réforme d’EDF, baptisé HERCULE, est très fortement décrié à la fois par les syndicats et par une partie de la classe politique. Ses opposants dénoncent une volonté de démanteler le groupe et d’ouvrir les portes à une privatisation de l’Electricien historique. « En réalité, le projet Hercule ce n’est que de l’idéologie. Et la question qui se pose désormais c’est jusqu’où le gouvernement est prêt à sacrifier la France pour satisfaire les exigences purement idéologiques de la Commission européenne » a ainsi plaidé Adrien Quatennens juste avant la réunion.

Du côté du gouvernement et de la direction du groupe, on craint au contraire que temporiser la réforme ne fasse que pénaliser la capacité d’investissement d’EDF.