pas de reforme edf avant presidentielle

« Grand EDF » ne verra pas le jour, du moins pas sous le quinquennat d’Emmanuel Macron.

« A ce stade, les discussions n’ont pas abouti » avec Bruxelles et, faute d’un accord global, « il n’est pas envisageable d’avoir un projet de loi au Parlement dans l’immédiat », a ainsi déclaré à l’AFP, mercredi 28 juillet, une source gouvernementale.

« Nous regrettons que cette réforme, qui est indispensable pour EDF, ne puisse se conclure maintenant », a commenté le PDG du groupe, Jean-Bernard Lévy, ce  jeudi 29 juillet, en présentant ses résultats pour le premier semestre.

« Le sujet de fond reste entier. Notre court terme est assuré ; notre moyen et notre long terme ne le sont pas si nous voulons jouer en première division, ce qui est quand même attendu d’EDF. » a-t-il ajouté.

De Hercule à Grand EDF

L’Énergéticien historique travaille sur un projet de réorganisation depuis 2018, à la demande des pouvoirs publics. Cette réforme doit lui permettre de recouvrer les financements nécessaires à un investissement dans les EnR et à la rénovation de son parc nucléaire.

Mais le projet s’est rapidement confronté à l’opposition des syndicats, de la gauche comme d’une partie de la droite, qui dénonçaient un démantèlement en règle.

Résultat, en mai dernier, Hercule a été abandonné au profit du projet Grand EDF. « Nous avons des lignes rouges. Nous les ferons respecter auprès de la Commission européenne. L’unité du groupe EDF ne se négocie pas. Nous ne démantèlerons pas EDF. » a alors rappelé Lévy, martelant sa volonté d’avancer « en concertation étroite avec les organisations syndicales du groupe. »

« Oublions Hercule et construisons ensemble le grand EDF. Voilà le message que je porte aux organisations syndicales que je reçois depuis le début de la semaine. Ce projet ambitieux tiendra compte de leurs propositions. » a scandé Bruno Le Maire.

Mais Grand EDF ne satisfait manifestement pas Bruxelles. La Commission européenne souhaite, entre autres, une quasi indépendance entre les filiales du groupe. La France entend au contraire que son champion conserve son modèle « intégré » et que les différentes entités puissent bénéficier de flux financiers entre elles.

Autre point d’achoppement, la révision à la hausse du prix de vente de l’électricité d’origine nucléaire aux fournisseurs alternatifs, plafonné depuis dix ans à 42 euros/ MWh. La réforme d’EDF doit aussi permettre au groupe de remporter l’aval de la Commission européenne quant à une augmentation du prix de l’ARENH. Un autre chantier reporté sine die…