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EDF annonce ce vendredi un plan d’actions visant à améliorer sa santé financière. En parallèle le groupe a publié ses résultats pour 2021, avec un bénéfice net multiplié par 8.

EDF prévoit une année 2022 difficile

Alors que le 1er trimestre 2022 n’est pas encore terminé, EDF prévoit déjà une baisse conséquente de son bénéfice avant intérêts, taxes, dépréciations et amortissements (EBITDA).

Alors qu’il est de 18 Mds€ pour 2021, il serait d’ores et déjà minoré pour 2022 de :

  • environ -11 Mds€ en lien avec la baisse de la production nucléaire,
  • environ -8 Mds€ liés aux mesures régulatoires exceptionnelles.

La baisse de la production nucléaire est notamment consécutive des problèmes de corrosion sur des circuits de sûreté. Les mesures régulatoires concernent l’attribution supplémentaire de 20 TWh de volume d’ARENH pour 2022 et le blocage des TRV électricité.

Comme il l’avait annoncé, EDF a présenté à son Conseil d’Administration hier 17 février un plan d’actions « ayant pour objectif de renforcer sa structure bilancielle dans le contexte des événements de début 2022. »

A l’ordre du jour, un projet d’augmentation de capital de 2,5 milliards d’euros. EDF souhaiterait aussi proposer de verser en actions les dividendes au titre des exercices 2022 et 2023. « L’Etat, premier actionnaire d’EDF, a fait part au Conseil d’Administration de sa position sur ces deux points, qui feront l’objet d’une communication séparée. » commente l’Electricien.

Autre point clé de son plan d’actions, EDF déclare vouloir réaliser des cessions à hauteur d’environ 3 milliards d’euros, en cumul sur les années 2022, 2023 et 2024.

Une année 2021 exceptionnelle sur le plan financier

« En 2021, EDF a rempli ses objectifs commerciaux, opérationnels et financiers. L’EBITDA du groupe EDF affiche une croissance significative et atteint son meilleur niveau depuis 2015. »

Effectivement, le groupe affiche un chiffre d’affaires de 84,5 Mds€ +21,6 % et un EBITDA de 18,0 Mds€.

Ses bons résultats s’expliquent notamment par le fort rebond de la demande, une bonne production nucléaire et « la très bonne performance de l’activité de trading », portée par des cours de l’électricité qui ont flambé tout au long de l’année.

En France les activités régulées moteur de la croissance d’EDF

En France, les activités de production et commercialisation présentent un EBITDA en légère baisse (- 0,2% par rapport en 2020). En cause, « des arrêts et prolongations d’arrêts en fin d’année qui ont engendré des achats sur le marché à des prix très élevés. ».

Côté activités régulées, l’EBITDA enregistre en revanche une hausse de + 15 %.

Cette forte progression s’explique par la hausse des volumes distribués de 15,8 TWh « pour un montant estimé à 251 millions d’euros », en lien avec un climat plus froid et faisant suite à une année 2020 marquée par la crise sanitaire.

Enedis, dont l’activité est en « croissance » a rapporté à EDF à 159 millions d’euros.

« L’évolution des prix a [également eu ]un effet favorable estimé à 30 millions d’euros, principalement en lien avec l’évolution positive de l’indexation des TURPE ». Et ce malgré l’effet négatif des achats de pertes dans un contexte de forte hausse des prix de marchés.

Par ailleurs, l’EBITDA a bénéficié à hauteur de 130 millions d’euros de la baisse des impôts de production dans le cadre du plan de relance.