les syndicats toujours opposes a la reforme edf

Le PDG d’EDF remonte au créneau auprès des syndicats

« Pour rester un grand acteur du secteur électrique en France, EDF doit impérativement être en mesure d’investir dans ces nouvelles formes de production électrique. Dans le cas contraire, la part d’EDF dans la production d’électricité en France baisserait rapidement », avertit Jean-Bernard Lévy dans un courrier adressé le 28 avril aux secrétaires généraux des grandes fédérations syndicales qu’a dévoilé Reuters.

Le patron d’EDF tente à nouveau de faire consensus autour du projet de réforme de l’électricien, alors que la défiance des syndicats ne faiblit pas.

Il rappelle ainsi que la réforme du groupe est la condition nécessaire pour qu’EDF puisse investir davantage dans les énergies renouvelables, en particulier le solaire et l’éolien, appelées à monter en puissance en France face au nucléaire et à représenter jusqu’à 50% de la production d’électricité du pays à l’horizon 2035.

« Ce projet peut bien entendu être rejeté en bloc. Mais y renoncer nous exposerait collectivement à poursuivre dans la situation que nous connaissons depuis 10 ans et dont le groupe souffre profondément », estime Jean-Bernard Lévy. Si rien ne change, le groupe se retrouverait privé de nouveaux moyens financiers « sans lesquels sa part dans la production d’électricité en France baisserait rapidement » fait-il encore valoir.

Jean-Bernard Lévy réitère également son souhait que les représentants des salariés « puissent s’approprier le projet dans toutes ses dimensions, parfois complexes, et formuler des propositions » et ce « avant de finaliser les discussions avec la Commission européenne ».

« Pour l’interfédérale, Hercule reste Hercule et c’est toujours non ! »

Il faut croire que l’argumentaire du PDG d’EDF n’a pas convaincu, compte tenu de la teneur du communiqué publié ce jour par l’interfédérale syndicale énergie et mines. « Davantage soudées » après les diverses rencontres avec le Ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance et avec le Président d’EDF, les fédérations syndicales dénoncent toujours « un éclatement du Groupe EDF en trois sociétés distinctes. »

Pour elles, même s’il a changé de nom, « Hercule reste Hercule ». « L’interfédérale ne se satisfait pas des éléments avancés jusqu’à présent par le Ministre Bruno LE MAIRE, elle attend donc du Gouvernement qu’il clarifie les nombreuses incertitudes liées à l’accord qu’il tente d’établir avec la Commission européenne. Cet accord a été maintes fois annoncé depuis fin 2020 sans jamais être concrètement mis sur la table. »

Tenant leurs positions, les syndicats demandent de nouvelles concertations ainsi que la mise en place d’une commission « pour concrétiser un projet ambitieux pour l’avenir d’EDF ».

Pointant les « nombreuses zones d’ombre liées aux contreparties exigées par la Commission européenne », ils regrettent que EDF puisse être « sacrifiée sur l’autel du règlement des contentieux engagés par l’Europe contre l’État français […] ou sur l’autel d’un calendrier politique bien éloigné des intérêts d’EDF voire de l’intérêt de la Nation. »