Contexte actuel : Entre prudence et résilience, les marchés s’interrogent

Toutes les matières premières progressent, poussées par la reprise économique et l’espoir d’un déploiement rapide des vaccins. Elles bénéficient aussi des politiques très accommodantes des banques centrales, les investisseurs ont beaucoup d’argent à placer et les marchés actions sont déjà à des niveaux historiquement hauts, notamment aux États-Unis.

Évolution du prix du gaz depuis 2008 (en €/MWh )

(source EEX- 12 janvier 2021)

Évolution du prix du gaz depuis 1 an (en €/MWh)

(source EEX- 12 janvier 2021)

L’or noir poursuit sa marche en avant

Le baril s’oriente à la hausse, franchissant la barre des $50/b dès le milieu du mois, un record depuis le 5 mars 2020. Un redressement porté par le démarrage des campagnes de vaccination contre le Covid-19 et la baisse des stocks aux États-Unis. Ni les prévisions à la baisse de la consommation de pétrole de l’Agence internationale de l’énergie ni la hausse constante du nombre d’appareils américains de forage ne ralentissent cette tendance.

Il faudra attendre l’annonce d’une nouvelle variante du coronavirus et les différentes mesures de reconfinement pour perturber les cours. Les inquiétudes sanitaires éclipsent même en partie les signaux dynamiques envoyés par le plan de soutien à l’économie américain et le divorce à l’amiable entre le Royaume-Uni et l’Europe. Néanmoins, le pétrole restera dans le vert jusqu’à la dernière séance de 2020, profitant des espoirs du maintien d’un plafonnement de la production de l’OPEP+ en février. Après une année marquée par une chute de son prix moyen de 35 % par rapport à 2019, le baril de Brent pour livraison en mars clôt le 31 décembre à $ 51,8/b.

Le gaz bénéficie de l’activité asiatique

En Asie, l’heure est à la reprise et la demande de gaz bondit, à tel point que le continent monopolise le GNL disponible et détourne les méthaniers de l’Europe, attirés par l’envolée du JKM. Sur le vieux continent, la pression se fait immédiatement sentir, alors que la demande s’accroit, et les prix partent à la hausse. Les interrogations sur la stratégie d’export de Gazprom et sur la capacité des énergéticiens européens à récupérer le gaz stocké en Ukraine ajoutent à cette dynamique. Sans compter que, sur la courbe long-terme, la tendance haussière est également soutenue par l’augmentation conjointe des prix du pétrole, du charbon et du CO2. À 14,06 € /MWh mi-décembre, le contrat Calendar 2021 PEG grimpe à 16,01 € /MWh le 24 décembre avant d’atteindre le 17,19 €/MWh en fin de mois. Du 28 décembre au 1er janvier, le contrat Calendar 2022 augmente lui aussi mais légèrement, en évoluant de 15,58 à 15,74 €/MWh.

Reprise économique : factice ou réelle ?

2021 s’ouvre comme s’est achevée 2020. Alors que l’Europe et les Etats-Unis sont en proie à une deuxième vague épidémique, l’Asie est épargnée, la Chine retrouvant ses niveaux de croissance pré-Covid, sans même avoir subi de récession en 2020. Ce premier trimestre au moins, l’activité économique mondiale risque d’être encore indexée sur la crise sanitaire et les écarts entre zones et pays de se creuser.


Synthèse et préconisation

Le prix du gaz a augmenté de plus de 13 % depuis début décembre mais autour de 16 €/MWh il reste bas sur un historique long. Pour rappel, le gaz cotait à plus de 26 €/MWh fin 2018 et nous sommes loin de ces niveaux, l’offre est encore abondante.