feuille de route decarbonation industrie

La Stratégie Nationale Bas-Carbone (SNBC) fixe pour le secteur de l’industrie un objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) de 35 % d’ici 2030 et de 81 % d’ici 2050, par rapport à 2015. Les feuilles de routes des industries du ciment, de la chimie et de la filière « mines et métallurgie » ont été publiées.

La filière Ciment fixe ses objectifs de décarbonation

La filière du ciment représente 23 % des émissions totales de l’industrie, soit 18,4 MtCO2eq dont 10,7 MtCO2eq pour la production de ciment.

L’industrie cimentière annonce baisser de 24 % ses émissions en 2030, puis de 80 % en 2050, par rapport à 2015. Pour atteindre cet objectif, le secteur s’appuiera sur des leviers tels que la diminution de la teneur en clinker des ciments produits, le remplacement des combustibles fossiles par des combustibles alternatifs, ou la capture, l’utilisation et le stockage de carbone. Le secteur cimentier prolonge enfin ses engagements pour la décarbonation de ses procédés par des actions autour du recyclage du béton dans une logique d’économie circulaire, notamment dans le cadre du Comité Stratégique de Filière Industries pour la Construction.

Cette démarche viendra compléter et enrichir le spectre des outils permettant d’améliorer son empreinte globale.

« Le bâtiment représente un quart de nos émissions de gaz à effet de serre : au-delà d’un indispensable travail sur l’isolation des bâtiments, ce sont également les processus de construction qui doivent être transformés en profondeur pour réduire l’empreinte carbone du secteur. C’est tout l’enjeu de cette feuille de route de décarbonation de la filière ciment, qui fixe des objectifs clairs, en cohérence avec l’ambition que porte la France avec sa stratégie nationale bas carbone. Ce document préfigure également ce qui sera attendu des autres secteurs fortement émetteurs de gaz à effet de serre après l’adoption du projet de loi Climat & Résilience. » commente Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique.

 

Le secteur de la Chimie annonce son plan d’actions décarbonation

Bien qu’elle ait déjà réduit ses émissions de 63 % depuis 1990, la filière de la chimie, avec 20 MtCO2 émises en 2018, représente encore 25 % des émissions totales de l’industrie.

La Chimie prévoit de baisser de 26 % ses émissions en 2030 par rapport à 2015 en activant les leviers suivants : amélioration de l’efficacité énergétique, production de chaleur bas-carbone et abattement des émissions de protoxyde d’azote (N2O) et d’hydrofluorocarbures (HFC). Cette feuille de route sera complétée courant 2021 pour, notamment, approfondir le déploiement de technologies de rupture qui devront être mobilisées pour se rapprocher des objectifs de la SNBC à l’horizon 2030 puis 2050. Il s’agira notamment d’affiner l’évaluation du potentiel des technologies de décarbonation de rupture telles que l’hydrogène bas-carbone, le captage, stockage et valorisation du CO2 ou l’électrification des procédés.

Cette feuille de route sera prochainement élargie au secteur du Papier-Carton pour couvrir la quasi-totalité des émissions de la filière Chimie-Matériaux du Conseil National de l’Industrie (CNI).

L’industrie Mines et Métallurgie entend réduire ses émissions carbone

Les émissions directes de gaz à effet de serre de la filière s’élèvent à environ 26 MtCO2  en 2015. Les secteurs de la sidérurgie intégrée et de l’aluminium représentent 87 % de ces émissions avec, respectivement, 21,7 MtCO2  et 1,2 MtCO2  en 2015. Le reste des émissions sont issues des aciéries électriques, des filières aval, avec notamment les sites de laminage, les fonderies et autres métaux : ces industries feront l’objet d’une feuille de route dédiée.

La filière Mines et Métallurgie annonce un objectif de réduction de 31 % de ses émissions de GES entre 2015 ET 2030. Pour atteindre ces ambitions, les sites de Dunkerque et Fos-sur-Mer devront réduire leurs émissions de GES. A horizon 2030, la filière aluminium verra ses émissions réduites entre 5% à 9 %.

Globalement, la filière s’appuiera sur l’augmentation du taux de recyclage d’acier circulaire, la réduction de l’utilisation de charbon dans les hauts fourneaux, la capture et le stockage du carbone ou encore l’hydrogène pour la pré-réduction du minerai de fer.