le maire rassure les industriels

Jeudi 13 octobre, Bruno Le Maire a réuni les représentants des fédérations professionnelles pour échanger sur les conséquences de la crise énergétique et de la pénurie des carburants.

Si le ministre de l’Economie n’est pas rentré dans le détail des discussions, il a cependant présenté les principaux sujets qui ont été abordés.

Fournisseurs d’énergie : pratique du name & shame en cas de non-respect de la charte

Les fournisseurs d’énergie semblent globalement respecter les engagements de la charte de bonnes pratiques, s’est réjoui le ministre de l’Economie. Quelques « abus » ont néanmoins été signalés : durcissant le ton, Bercy n’hésitera pas à pratiquer le name & shame à l’encontre des opérateurs qui auront des comportements abusifs.

Une aide simplifiée et augmentée pour soutenir les PME

Bruno Le Maire est revenu sur l’optimisation du dispositif destiné à aider les PME qui ont vu leurs factures d’énergie s’envoler. Comme annoncé en début de semaine, il va évoluer, les pouvoirs publics souhaitant proposer un dispositif de soutien « simple, massif et rapide ».

Bercy insiste sur la simplification des critères d’éligibilité. La facture d’énergie devra représenter 3 % du chiffre d’affaires mais du chiffre d’affaires 2022 et non plus 2021 : le ministère est en étroite discussion avec Bruxelles sur le sujet.

« Nous voulons négocier une révision du critère d’éligibilité de 3 % du coût de l’énergie sur le chiffre d’affaires 2021 car cela exclut des entreprises qui sont devenues cette année énergo-intensives. On espère obtenir de l’appliquer sur une période de chiffre d’affaires glissante, et donc sur 2022. » explique ainsi Roland Lescure, ministre délégué chargé de l’Industrie, dans un entretien accordé aux Echos.

«  Au bout du compte, ce n’est pas exclu qu’on ne retienne que ce seul critère » espère même Bruno Le Maire.

Une mise en œuvre tout début novembre ?

Autre axe de négociation avec la Commission européenne : doubler le plafond de financement de l’aide aux PME et atteindre 4 millions. Pour en bénéficier, les entreprises devront simplement s’inscrire sur le site de la direction générale des finances publiques et fournir une attestation de la part énergie dans leur chiffre d’affaires.

Le Maire voudrait une mise en œuvre de ce dispositif dès les premiers jours de novembre et attend l’aval de Bruxelles.

Des mesures dérogatoires pour les énergo-intensifs

L’aide aux entreprises énergo-intensives a elle aussi été simplifiée. Bruno Le Maire rappelle également qu’il négocie avec la Commission européenne pour que ces entreprises puissent bénéficier de mesures dérogatoires et qu’elles seront soutenues très largement.

« On voudrait aussi doubler les trois plafonds de l’aide de 2, 25 et 50 millions d’euros, pour que les montants versés puissent aller jusqu’à 100 millions d’euros. Nous demandons également à ce que le critère d’Ebitda soit revu. Aujourd’hui, il faut un Ebitda négatif pour être éligible, ce qui revient à intervenir trop tard. Nous souhaitons que les entreprises qui ont connu une simple baisse d’Ebitda puissent être éligibles. » détaille encore Roland Lescure aux Echos.

Sauver le tissu industriel française, la priorité de Bercy

« L’augmentation des prix du gaz et de l’électricité représente un risque majeur pour l’industrie française » reconnait Le Maire. Les prix de l’énergie ont d’ailleurs entrainé une baisse de 10 % de la production industrielle française au 4ème trimestre.

« Les industriels doivent réduire leur production pour être rentables », « l’agroalimentaire stoppe sa production plutôt que de produire à perte » alerte le ministre, qui martèle que « sauver notre tissu industriel est ma priorité ».

« Il y a quelques mois difficiles à passer, mais nous ne laisserons tomber aucune entreprise » garantit-il.