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Comme attendu, Ursula von der Leyen a profité de son discours sur l’état de l’Union 2022 pour annoncer plusieurs mesures destinées à lutter contre la crise énergétique.

Le marché de l’énergie doit changer

La Présidente de la Commission européenne rappelle déjà la réussite du stockage commun européen, avec un remplissage à 84 %, au-delà des objectifs.

Mais « malheureusement, cela ne suffira pas » et «  la Russie continue de manipuler activement notre marché de l’énergie. Elle préfère brûler le gaz que de le livrer. Ce marché ne fonctionne plus. »

Ursula von der Leyen souligne aussi les lourdes conséquences de la crise climatique, qui « alourdit sensiblement nos factures » avec des canicules qui ont fait exploser la demande d’électricité alors que des épisodes de sécheresse inédits ont entraîné la fermeture des centrales hydroélectriques et nucléaires.

Aujourd’hui, les prix du gaz sont dix fois plus élevés qu’avant la crise sanitaire et « Joindre les deux bouts devient une source d’inquiétude pour des millions d’entreprises et de ménages. »

Réduire la consommation d’énergie européenne

En premier lieu, il est impératif de réduire la demande aux heures de pointe : cela permettra aux réserves de durer plus longtemps et de faire baisser les prix.

Ursula von der Leyen reconnait cependant qu’un soutien ciblé sera nécessaire « Pour les industries, comme les fabricants de verre, qui sont contraints d’éteindre leurs fours » comme « pour les parents isolés, qui sont constamment aux prises avec des factures astronomiques. »

Plafonner les recettes des entreprises qui produisent à faible coût de l’électricité

« Ces entreprises engrangent des recettes qu’elles n‘avaient jamais anticipées ni même imaginées. » déclare Ursula von der Leyen. Si « dans notre économie sociale de marché, les bénéfices sont une bonne chose « , dans le contexte actuel « les bénéfices doivent être partagés et redirigés vers ceux qui en ont le plus besoin. »

« Notre proposition lèvera plus de 140 milliards d’euros pour les États membres, pour amortir le choc directement. » annonce donc Ursula von der Leyen.

Les producteurs d’énergie fossiles verseront une contribution de crise

« Les grandes entreprises pétrolières, gazières et charbonnières enregistrent elles aussi d’énormes bénéfices. » rappelle  la Présidente de la Commission européenne avant d’ajouter qu’« Elles doivent donc payer une juste part : elles doivent verser une contribution de crise. »

« Ce sont là des mesures d’urgence et temporaires sur lesquelles nous travaillons, y compris nos discussions sur le plafonnement des prix. » précise Ursula von der Leyen.

Sécuriser l’approvisionnement en gaz

Des mesures qui tiennent compte de la spécificité de la relation de chaque pays avec les fournisseurs de gaz seront mises en place, « qu’il s’agisse de fournisseurs non fiables tels que la Russie ou d’amis dignes de confiance tels que la Norvège. »

« J’ai convenu avec le Premier Ministre Store de mettre sur pied un groupe de travail. Les équipes ont entamé leurs travaux. » détaille la Présidente.

Changer la référence utilisée sur le marché du gaz

« Aujourd’hui, notre marché du gaz a totalement changé : du gaz principalement acheminé par gazoduc, nous sommes passés à des quantités croissantes de gaz naturel liquéfié. » Désormais, la référence utilisée sur le marché du gaz, le TTF, n’est plus adaptée.

« C’est pourquoi la Commission travaillera à établir une référence plus représentative. »

Soutenir les fournisseurs d’énergie

Les entreprises dans le secteur de l’énergie sont confrontées à de graves problèmes de liquidité sur les marchés à terme de l’électricité, ce qui fait peser des risques sur le fonctionnement du système énergétique européenne. Aussi, la Présidente annonce que les règles relatives aux garanties seront modifiées et que des mesures seront prises pour limiter la volatilité intrajournalière des cours.

« Nous modifierons l’encadrement temporaire des mesures d’aide d’État en octobre, afin de permettre la fourniture de garanties publiques, tout en préservant l’égalité des conditions de concurrence. »

Modifier l’architecture du marché de l’électricité

« La conception actuelle du marché de l’électricité, basée sur l’ordre de préséance, ne rend plus justice aux consommateurs. » reconnait la Présidente. Les consommateurs devraient en effet pouvoir « récolter les fruits » des énergies renouvelables à bas-coût.

Il faut donc découpler les prix de l’électricité de l’influence dominante du gaz. Pour cela, Bruxelles va travailler à une réforme « complète » et « en profondeur » du marché de l’électricité.

Création d’une Banque européenne de l’hydrogène

Parce que « L’hydrogène peut changer la donne pour l’Europe », cette banque aidera à garantir l’achat d’hydrogène, notamment en utilisant les ressources du Fonds pour l’innovation. « Elle pourra investir 3 milliards d’euros pour aider à construire le futur marché de l’hydrogène. »